/opinion/columnists
Navigation

L'importance des régions pour Legault

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Au congrès de la CAQ, la fin de semaine dernière, François Legault a planté son drapeau du côté des régions.

Coup d'oeil sur cet article

Si le Québec a deux solitudes linguistiques bien connues, il existe un autre clivage dans notre société dont on parle beaucoup moins : celui entre les grandes villes et les régions.

Au congrès de la CAQ, la fin de semaine dernière, François Legault a planté son drapeau du côté des régions. Pas surprenant, lorsqu’on sait que Legault a récolté seulement 2 des 26 circonscriptions sur l’île de Montréal.

Lorsque notre premier ministre, qui a vécu toute sa vie sur l’île de Montréal, dit qu’il ne reconnaît plus sa ville, il est en train de faire écho à un sentiment largement partagé en dehors de la métropole. Les gangs de rue, les problèmes de « loi et d’ordre » sont des références bien comprises par ses électeurs. Tout comme ses ruminations contre les wokes, son attitude vise à attiser ce sens d’isolement et permet de se positionner comme le rempart contre l’autre. Et ça marche !

Exploiter les différences

Comme le fin politicien qu’il est, Legault est en train de faire de la politique quand il assujettit notre plus grande ville à la vindicte populaire... des régions !

Ses politiques anti-immigration, ses lois discriminatoires contre les minorités religieuses et linguistiques faisaient partie des priorités de la CAQ pour des raisons autant idéologiques que stratégiques. C’est peu probable que ce soit une surprise, pour cet homme qui a beaucoup voyagé, que notre région métropolitaine de quatre millions d’âmes rencontre les mêmes problèmes que les autres grandes villes nord-américaines.

Les écarts de richesse ainsi que la diversité ethnique, linguistique et religieuse de Montréal ont peu en commun avec ce qu’on rencontre dans les régions.

La diversité du genre n’est pas un sujet apte à faire l’objet d’une grande discussion lors d’un congrès de la CAQ. Cependant, c’est une réalité qui venait de rattraper Simon Jolin-Barrette qui a été forcé de faire marche arrière sur son projet de loi jugé discriminatoire à l’égard des gens trans.

Pendant longtemps, c’étaient les valeurs, les priorités et le point de vue des « gens de la ville » qui étaient prédominants dans notre vie politique, institutionnelle et médiatique. Les choses ont réellement changé depuis quelques années.

Être au service de tous

J’étais en conférence avec l’ancien premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, à Banff plus tôt cette semaine. J’ai été frappé par la similitude entre son analyse de l’importance des régions et celle du premier ministre Legault.

Par contre, son propos était nuancé et visait le respect mutuel. Il était notamment d’avis que les urbains devraient essayer de comprendre ces différences plutôt que de les juger. Sage observation.

J’ajouterais qu’il faut aussi éviter de les attiser et en tirer profit politiquement comme le fait M. Legault. Son attitude nous éloigne les uns des autres. C’est vrai que jeter la pierre est plus facile que bâtir des ponts. Mais ça prend une vision d’ensemble pour bien gouverner le Québec, dans l’intérêt de tous.

Il a été élu premier ministre de tout le Québec, il serait temps qu’il agisse comme tel.