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Ottawa: l’inflation doit être la priorité

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Photo d'archives, REUTERS L’inflation frappe la population et doit devenir un thème majeur de la rentrée à Ottawa.

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Le problème grandissant de l’inflation doit être l’enjeu économique numéro un de la rentrée parlementaire à Ottawa la semaine prochaine. D’un mois à l’autre, on constate que la hausse des prix n’est pas qu’un petit soubresaut et qu’elle affecte concrètement la vie des ménages.

Bouffe, carburants, logement, l’inflation galopante des derniers mois frappe les dépenses courantes de toute la population. Comme toujours, le phénomène de la hausse des prix frappe encore plus durement des groupes spécifiques comme les retraités.  

Contrairement aux salaires qui s’ajustent progressivement, les revenus de retraite stagnent. Quant au REER ou aux autres sommes accumulées en vue de la retraite, l’inflation gruge cruellement leur valeur.  

Danger !

Vous savez ce qui risque d’être demandé au gouvernement Trudeau pour faire face à la hausse du coût de la vie ? « Faites des programmes plus généreux pour aider ! » « Donnez de l’argent aux personnes affectées pour faire face aux factures en hausse ! » Logique, non ?  

Ce serait complètement conforme à l’approche économique du gouvernement Trudeau. Des transferts massifs d’argent public, complètement financés par des emprunts. Le NPD en redemandera.

Or, le problème, c’est que cette approche ultra-dépensière fait certainement partie des causes de la montée fulgurante de l’inflation. Le déficit record de près de 400 milliards représente un déséquilibre sans précédent dans les finances du Canada. Ce déficit a été financé par la Banque du Canada qui a dû faire ni plus ni moins qu’imprimer de l’argent.

L’exagération dans les dépenses a artificiellement fait apparaître de l’argent dans le système, mais de l’argent qui n’est pas appuyé sur une richesse réelle dans notre économie. Résultat des courses : l’argent artificiellement pompé dans le système va faire gonfler les prix.

Vous voyez le piège : dépenser plus pour aider les gens qui en arrachent, mais créer davantage d’inflation. Pomper encore plus d’argent avec des intentions nobles, mais faire grimper les prix un peu plus, empirant notre problème... Et on peut continuer, exactement comme un chien qui tourne en rond, essayant d’attraper sa queue.

La ministre des Finances devrait poser un geste important dans cette session parlementaire : le dépôt d’une mise à jour économique. Ce sera sa première occasion de présenter une vision cohérente de la lutte à l’inflation. J’espère y voir une prise de conscience sur les déficits astronomiques et un message de retour à une certaine rigueur budgétaire. 

Les conservateurs au poste ?

Si le Parti conservateur se décidait à placer son rôle d’opposition officielle devant les chicanes internes, il aurait une opportunité en or sur le thème de l’inflation. La perte de pouvoir d’achat est durement ressentie par les électeurs, et les conservateurs doivent parler avec conviction sur ce sujet.

Erin O’Toole et son équipe ont échoué à imposer le thème de l’économie en campagne électorale. Ce début de mandat leur donne l’occasion de se camper politiquement, tout en faisant œuvre utile pour la population.