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Hausse du panier d’épicerie: des choix difficiles pour les familles vulnérables

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La hausse des prix des aliments touche durement les Québécois les plus pauvres, qui doivent faire des choix pour se nourrir.

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En avril dernier, 17% des familles québécoises étaient aux prises avec une insécurité alimentaire. Selon les spécialistes, ce chiffre ne fait qu’augmenter en raison de l’inflation et des salaires qui ne s’accordent pas avec la flambée des prix.

«Il faut que j’y aille avec ce qui est moins cher et ce que je peux acheter», a déploré Vicky Ferguson, une mère monoparentale. Cette dernière vit seule avec son fils et a beaucoup de difficulté à remplir son réfrigérateur.

«Quand je faisais une épicerie de 120$, j’en avais pour le mois, au moins pour me rendre au 20. Mais là, aujourd’hui, je fais des épiceries de 200$ et je ne vois même pas le fond», a constaté Mme Ferguson.

Des spécialistes ont affirmé que c’est un réel défi de manger sainement lorsqu’on a un faible revenu. «La seule façon, c’est d’être extrêmement outillé en termes d’astuces, d’habiletés culinaires. Il faut savoir planifier, il faut savoir profiter des rabais», a indiqué la directrice générale de la Fondation Olo, Élise Boyer.

Aide alimentaire: de plus en plus de jeunes dans le besoin

Avant la pandémie, le comptoir d’aide alimentaire La Bouchée généreuse à Québec aidait 450 familles par semaine, mais c’est maintenant plus de 600 familles qui viennent se procurer des denrées ici.

«Il y a beaucoup de nouveaux parce que ça vient de partout. Je vous dirais qu’il vient du monde de Stoneham ici, de Sainte-Foy, de Beauport, Sainte-Thérèse de Lisieux», a expliqué le directeur général de l’organisme, Pierre Gravel.

Ce dernier a remarqué que le visage de la précarité a changé. Les jeunes sont plus nombreux à cogner à la porte de son organisme.

«Il y a un gros changement; ça a diminué. C’est rendu beaucoup de monde en bas de 35 ans. Avant, c’était le contraire», a observé Pierre Gravel.

Cette augmentation inquiète le directeur général de l’organisme Point de repères, Mario Gagnon. L’intervenant qui travaille dans le milieu de l’itinérance depuis 30 ans a constaté que plusieurs familles sont forcées d’avoir recours à l’aide alimentaire d’urgence pour la première fois.

«La précarité, la fragilisation des gens qui basculent, un moment donné, que ça ne va pas bien, qui perdent leur job et qui ont des problèmes de santé mentale, ils peuvent se retrouver facilement dans le réseau de l’aide alimentaire», a souligné Mario Gagnon.

La hausse du coût de la vie est l’une des principales raisons expliquant pourquoi tant de familles se tournent vers l’aide alimentaire.

Pour le milieu communautaire et les organismes comme La Bouchée généreuse, la situation actuelle nécessitera donc beaucoup de travail d’ici Noël.

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