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Immortaliser votre trophée: faites-le vous-même

Campeau
Photo courtoisie Jean Durand nous explique, dans ce texte, comment blanchir un crâne et obtenir un résultat final très attrayant.

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Si vous avez réussi à déjouer un chevreuil de belle taille au cours des dernières semaines, vous aimeriez peut-être en conserver un joli souvenir et le mettre bien en vue.

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Lorsqu’on capture un grand gibier, que ce soit un ours, un orignal ou un cerf de Virginie, on peut faire appel aux services d’un taxidermiste pour faire monter la tête de l’animal. Ces professionnels vous proposeront plusieurs moules et postures pour mettre votre capture en évidence. De plus en plus d’adeptes optent pour la version à l’européenne, communément appelée crâne blanchi, qui consiste à exposer la boîte crânienne, avec ou sans panache.

Après avoir percé deux petits trous et avoir inséré une broche, on peut suspendre le trophée n’importe où.
Photo courtoisie
Après avoir percé deux petits trous et avoir inséré une broche, on peut suspendre le trophée n’importe où.

Projet à réaliser

Après une récente excursion de chasse fructueuse, un de nos partenaires, Jean Durand, de Sainte-Émélie-de-l’Énergie, nous a proposé de blanchir les têtes de nos chevreuils de façon artisanale. Voici l’essentiel de ses conseils et les diverses étapes pour y arriver :

► Suite à la récolte d’un ursidé ou d’un cervidé, il faut couper la tête à la hauteur de la première cervicale jusqu’à sous la mâchoire et la séparer du reste du corps.

► Vous devez ensuite enlever toute la peau et le plus de viande possible.  

► Remplissez un gros chaudron d’eau et portez le tout à ébullition. Immergez la tête dans l’eau bouillante pendant deux heures. Les chairs, les tissus, les muscles et les parties du cerveau devraient alors suffisamment ramollir pour être facilement retirables. Selon M. Durand, c’est cette étape qui est la plus laborieuse. Il lui a fallu de 90 à 120 minutes par crâne pour en retirer toutes les matières organiques, avec une paire de pinces à bec long, un petit tournevis plat, un petit crochet et un couteau tranchant, pour enlever tous les résidus, dont quelques-uns sont difficilement atteignables dans diverses cavités anatomiques. Une fois que tout est enlevé, on ne doit voir que l’ossature.

Ce genre de montage à l’européenne met vraiment vos trophées en évidence.
Photo courtoisie
Ce genre de montage à l’européenne met vraiment vos trophées en évidence.

► Les spécialistes se servent de peroxyde pur à 35 % lors de la prochaine étape, pour faire blanchir tous les os. Jean Durand, pour sa part, remplit un petit contenant d’eau de Javel et il y fait tremper le squelette de la tête. Il s’assure de tout bien immerger sans toutefois faire entrer l’eau en contact avec les cornes, au risque qu’elles se décolorent elles aussi. On laisse le tout baigner environ huit heures. Le lendemain, on rince abondamment le crâne à l’eau pour faire disparaître toutes traces de javellisant et on le fait sécher au grand air.

► Il ne reste plus qu’à faire deux petits trous avec une perceuse et une mèche, à l’arrière, à la base du crâne. On y introduira ensuite une broche qui servira à suspendre votre œuvre au mur. On peut également le positionner de façon très attrayante à plat, sur une tablette.  

► Certains taxidermistes optent pour une étape supplémentaire au cours de laquelle ils immergent la tête dans l’acétone pour une période de six heures additionnelles, suivie d’un rinçage et d’un séchage de sept jours.