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Les animaux de compagnie abandonnés par centaines dans les refuges

Plus d’un chien sur trois que l’on met à l’adoption est né chez un éleveur l’an dernier, en pleine pandémie

Quebec
Photo Stevens Leblanc

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La hausse vertigineuse des abandons d’animaux en tout genre est un « dur retour à la réalité » pour les refuges, maintenant que la frénésie de l’adoption pandémique est passée. 

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« La quantité d’animaux abandonnés est impressionnante, c’est vraiment troublant. On n’a jamais connu ça... », déplore Leattytia Badibanga, fondatrice d’un regroupement de refuges éthiques québécois, Les Pattes Jaunes.  

  • Écoutez la chronique de Geneviève Pettersen avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Ces derniers ont connu une certaine accalmie pendant la crise sanitaire, lorsque l’engouement pour les animaux de compagnie était à son paroxysme. Mais ils sont maintenant tout simplement débordés.

Le directeur général de la SPA de Québec, Félix Tremblay, a été surpris de voir l’ampleur de l’abandon des lapins depuis le début de l’année.
Photo Stevens LeBlanc
Le directeur général de la SPA de Québec, Félix Tremblay, a été surpris de voir l’ampleur de l’abandon des lapins depuis le début de l’année.

Depuis le début de l’année, les 24 établissements membres de l’organisme ont dû transférer 400 chats en Ontario, soit quatre fois plus qu’avant la pandémie. Et 35 % des chiens qu’ils mettent à l’adoption ont vu le jour chez des éleveurs en 2020, avant d’être abandonnés.

« L’an dernier, c’était complètement hors-norme. Il y a eu une chute des abandons et les gens faisaient la file presque tous les jours pour adopter, explique pour sa part le directeur général de la SPA de Québec, Félix Tremblay. Maintenant, on vit un dur retour à la réalité. »

Mais ce qu’il n’avait pas vu venir, c’est le nombre impressionnant de lapins qu’il a dû recueillir dans les dernières semaines. Cette année, la SPA de Québec en a accueilli environ 300, alors qu’ils étaient environ une centaine en 2019. 

« Les gens se sont tournés vers les lapins parce qu’il manquait de chats et de chiens à adopter. Et là, ils réalisent que [les lapins] n’ont pas le comportement qu’ils souhaitaient », explique M. Tremblay.

Un avis que partage Nancy Lachance, qui a fondé Adoption lapins sans abri (ALSA) il y a 14 ans, pour qui il s’agit d’une année record sur le plan des abandons. 

« Je reçois entre 20 et 25 demandes de particuliers par semaine, sans parler des refuges et des SPA à travers la province. On n’a plus de place », dit-elle.

  • Écoutez l’entrevue de Leattytia Badibanga, fondatrice du regroupement de refuges éthiques Les Pattes Jaunes

« Choquant »

Dans un cas comme dans l’autre, plusieurs intervenants avaient tiré la sonnette d’alarme il y a plusieurs mois déjà. 

L’adoption précipitée d’un animal de compagnie sans réfléchir à ses besoins et le retour à la normale postpandémique sont en cause pour plusieurs. Mais les « usines » à animaux qui ont profité de la situation pour abuser de la reproduction de leurs femelles sont tout aussi responsables, selon Mme Badibanga.

« C’est choquant que ça se passe ici au Québec, malgré tous nos messages de sensibilisation dans les dernières années », peste-t-elle.

La frénésie d’adoption des derniers mois s’est rapidement estompée  

Chats transférés en Ontario par Les Pattes Jaunes  

  • 2019: environ 100  
  • 2020: 250  
  • 2021: 400   

 Temps moyen d’attente avant l’adoption d’un animal à la SPA de Québec  

  • 2020: de 1 h à 2 h  
  • 2021: de 2 à 7 jours   

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