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Au poil, camarades!

chronique beaudry

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Curieusement, ce sont les Islanders de New York, grands conquérants au début des années 1980, qui auraient instauré la mode de la barbe en séries éliminatoires au hockey.  

Certains prétendent qu’à l’époque, la proximité des matches, disputés souventes fois deux jours consécutifs, aurait incité les hockeyeurs à négliger leur rasage. Aussi, ils ont réalisé que la barbe leur donnait un visage plus méchant. Ils se sentaient plus solidaires, et en mission. De fil en aiguille, on a étiré la négligence durant toutes les séries et ainsi est née la tradition. Le mouvement était lancé et, 40 ans plus tard, il se produit un phénomène intéressant.

PRÈS DE 60 % ONT UNE BARBE

Sachez que j’ai pris le temps d’aller observer le visage de tous les hommes qui ont disputé au moins un match dans la Ligue nationale depuis le début de la présente saison.  

Un total de 837 hockeyeurs ont mis les pieds dans le circuit depuis le 11 octobre et ce ne sont pas les barbus qui manquent. C’est incroyable, mais 58 % des joueurs de la ligue portent une barbe, et ce, en pleine saison. 

Ce n’est plus une question d’éliminatoires ou de superstition. C’est devenu une mode, comme dans la société.

LAMORIELLO A DIT NON

En voulez-vous une meilleure ? Les Islanders ont peut-être installé la mode des barbes, début des années 1980, mais ils ne sont carrément plus dans le coup parce que, présentement, aucun joueur de cette équipe n’a de poil sous le menton. 

Le président et directeur général de l’équipe, le très autoritaire Lou Lamoriello l’a interdit dès son arrivée à la tête du club.  

« Tu veux jouer pour nous ? Tu vas te raser. Et tous les jours. » Cheveux longs ? Oubliez ça. Lou est de la vieille école et, sauf pour quelques exceptions, il refuse aussi que des joueurs portent des numéros supérieurs à 30 sur leur chandail.

Y EN A PARTOUT

Chez le Canaden, où l’exemple et le conformisme ont toujours régné, seulement 11 équipiers sur 26 sont fraîchement rasés tous les jours alors que l’équipe la plus « facialement » poilue du circuit est à Vancouver alors que seulement 5 joueurs sur 27 n’ont pas de barbe. Les Sénateurs ne donnent pas leur place avec 21 barbus tout comme les Panthers de la Floride où, pourtant, je m’enlèverais une couche de fourrure.

Il y en a pour tous les goûts. Joe Thornton est un des plus étonnants avec cette touffe qui est plus abondante que celle du père Noël. Il y en a de belles et bien taillées sinon des capitaines Haddock ou encore des parcimonieuses plus populaires chez les recrues.  

Certains expliquent leur décision de la laisser allonger ou de la tailler par coquetterie. D’autres affirment qu’elle protège la peau et ralentirait le vieillissement, et les plus scientifiques avancent que ces poils bloquent la poussière et le pollen les empêchant de se rendre aux voies respiratoires.

Quoi qu’il en soit, après chaque match et entraînement, la barbe nécessite une attention supplémentaire. Pourvu qu’on ne rate pas l’autobus. Sans jeu de mots, n’en déplaise à M. Lamoriello, elle s’est bel et bien « taillé » une place. 

De l’enclave    

  • Chez les blessés de la NHL, le plus étrange est Byian Little de Winnipeg. Perforation d’un tympan et vertige depuis près de deux ans après avoir reçu un tir frappé d’un coéquipier sur l’oreille. Retour indéterminé. Sinon, carrière terminée. 
  • En milieu de semaine, Ottawa et Montréal enregistraient un nombre incroyable de blessés. Les Sénateurs en déclaraient 14, trois de plus que le CH. 
  • Officiellement, Shea Weber est blessé au pouce, au genou et à une cheville. À part ça, ça va. 
  • Dominik hasek a autographié avec plaisir la feuille de pointage du match du 9 mars 2001 alors que lui et les Sabres avaient été vaincus 4 à 0 par Edmonton. La signature est un cadeau à Georges Laraque qui avait compté deux fois dans ce match. Beau joueur Dom ! 
  • Fidèle à la tradition, le club de golf International 2000 (Lacolle) accueille toujours des golfeurs et on le fera tant et aussi longtemps que la neige ne recouvrira pas les allées. Le terrain est en excellente condition et il y a des maniaques chaque jour. 
  • Il y a huit ans aujourd’hui que décédait le lutteur Mad Dog Vachon qui avait déclaré vers la fin de sa vie :
    « J’ai tout fait pour être haï et je n’ai pas réussi. » 
  • C’était la cinquième fois, lundi dernier, que Zdeno Chara (6’9 ‘’ et 250 livres) des Islanders se bagarrait avec Pat Maroon (6’3’’ et 240 livres) du Lightning. Chara à 44 ans serait le joueur le plus âgé de l’histoire de la NHL à avoir laissé tomber les gants... et il a gagné son combat. 
  • Qui doublait le personnage de Fern (Paul Houde) lors des scènes de jeu de gardien de but dans le tournage des films Les Boys ? Kim St-Pierre.