/misc
Navigation

Cachez ces armes

US-PRESIDENT-BIDEN-MEETS-WITH-LEADERS-OF-MEXICO-AND-CANADA-IN-TH
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

On a l’impression d’assister à un festival de pointage de doigt dans le dossier de la violence armée à Montréal et au pays.

La plupart des index sont dirigés vers le gouvernement Trudeau, qui possède les plus importants leviers. 

Le problème, c’est que le premier ministre hésite à les utiliser et serait heureux de passer la patate chaude. 

On lui donnerait plus facilement le bénéfice du doute s’il n’avait pas passé la moitié de la campagne électorale à se poser en champion du contrôle des armes à feu face à des conservateurs dépassés par les événements. 

Pendant des semaines, Justin Trudeau a parlé d’armes à feu chaque jour comme si sa courte victoire électorale en dépendait. On n’entend plus grand-chose de sa part depuis, même si sa propre circonscription est frappée par ce fléau. 

Impuissance

La frustration de Valérie Plante, l’impatience de François Legault et les atermoiements du fédéral trahissent surtout leur sentiment d’impuissance devant ces drames humains dont il ne faut pas sous-estimer la complexité du phénomène. 

Entre la pauvreté des quartiers, le désœuvrement des jeunes, la culture du gun à l’américaine qui percole ici et surtout l’accès plus facile que jamais aux armes, nous sommes devant un cocktail explosif difficile à endiguer.

Prohiber les armes de poing, from coast to coast, comme le réclame Valérie Plante, est plus facile à dire qu’à faire et ne réglera pas tout.

Cela ne fait consensus au pays, contrairement à ce que certains voudraient bien croire. C’est pourquoi les libéraux ont eu la fausse bonne idée d’accorder ce pouvoir aux villes dans un impopulaire projet de loi qui est mort au feuilleton à cause du déclenchement des élections.

Ils proposent maintenant que les provinces s’en chargent, une autre approche fragmentaire dont on peut douter de l’efficacité.

Même le directeur du SPVM, Sylvain Caron, estime que l’interdiction des armes de poing n’est pas une solution miracle. 

« On a beau saisir des armes, il en restera toujours en circulation. Il faut travailler à la source, et avec les jeunes », a-t-il affirmé cette semaine en insistant sur la prévention. 

Contrebande

Un des principaux enjeux, pour le fédéral, est de s’attaquer de front à la contrebande des armes qui proviennent des États-Unis. 

Par où passent-elles en bonne partie ? Par des réserves autochtones où le fédéral est frileux à agir.

Justin Trudeau voudra sans doute profiter du discours du Trône de la semaine prochaine pour tracer une nouvelle direction politique à la lutte contre la violence armée. Espérons que cela mènera quelque part.