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Des stratégies pour accompagner le haut potentiel

Rachel Ouellet
Photo courtoisie Rachel Ouellet est éducatrice spécialisée et autrice du livre Autisme : La boîte à outils.

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Rachel Ouellet, éducatrice spécialisée et autrice, décortique et démystifie le haut potentiel chez l’enfant dans un ouvrage sympathique rempli de stratégies et de pistes intéressantes, Douance : La boîte à outils. Ses suggestions, très pertinentes et réalistes, visent à valoriser la différence de ces jeunes et à favoriser le développement harmonieux de leur potentiel.

Brisant un par un les stéréotypes et les clichés, Rachel Ouellet explique que le haut potentiel intellectuel – qu’on appelle la douance au Québec – n’est pas un trouble ou un problème à traiter. C’est plutôt une différence neurologique, prouvée scientifiquement, qui rend le cerveau de la personne HP plus rapide et plus efficace. 

Dans son livre, elle compare le cerveau d’une personne HP à un bolide de Formule 1. Ce qui ne veut pas dire que tout est simple. Il y a des défis, et ils sont de taille : il faut que l’enfant reste motivé à l’école et à la maison. Il a besoin d’aide pour apprendre à gérer ses émotions, stimuler sa créativité, et bien d’autres choses encore.

Cette différence neurologique touche 2,5 % de la population. « C’est une estimation parce qu’il y a beaucoup d’adultes non identifiés, explique Rachel Ouellet. Au Québec, les critères pour avoir une douance sont d’avoir un test de QI, qui établit à peu près le niveau intellectuel dans plusieurs sphères cognitives », explique-t-elle.

« Mais ce n’est pas juste un test de QI qui permet de comprendre vraiment le portrait global de la douance, parce qu’il y a toutes sortes de sphères qui ne sont pas du tout testées, comme la capacité de comprendre le monde dans lequel on vit, l’empathie, la maturité affective et sociale. »

Rachel Ouellet précise que la douance n’est pas un diagnostic, mais une caractéristique. 

« C’est carrément un cerveau qui est neurologiquement différent. Les différences s’observent par l’imagerie médicale. La construction du cerveau est différente. Il y a plus de connexions entre les hémisphères droit et gauche du cerveau. L’information d’un côté à l’autre est plus rapide. »

Deux types de HP

Il y a des doués complexes ou hété-rogènes et des doués laminaires ou homogènes. Le doué homogène, présente des scores élevés dans tous les critères d’un test de QI. 

Le doué hétérogène, de son côté, présente des différences plus marquées dans les scores, performant davantage dans certaines sphères. 

« Les hétérogènes vont vivre plus de difficultés sociales. Ils vont vivre plus d’anxiété, plus de frustration. Ils comprennent plein de choses, mais n’ont pas nécessairement l’émotionnel pour le gérer au même niveau que ce qu’ils sont capables de comprendre. »

Par exemple, un enfant de huit ans pourra comprendre des notions comme un enfant de 12 ans, mais va gérer l’émotionnel comme un enfant de 8 ans, ce qui entraîne un décalage. 

« On a l’impression que l’enfant devrait comprendre plein de choses, mais, non. Il y a des choses dans la sphère sociale ou émotionnelle qui sont plus difficiles. L’enfant hétérogène peut vivre plus de crises, avoir plus de difficulté à l’école, avoir plus de difficulté à se faire des amis. Parfois, il peut résister à l’autorité. »

« L’enfant laminaire est plus smooth. Il fait ce qu’il a à faire et y arrive plus facilement et gère mieux ses émotions. Ces enfants sont moins évalués. »

Décalage social

La différence neurologique des enfants HP fait en sorte qu’ils sont décalés par rapport aux autres jeunes de leur âge. 

« Il y a des petits doués qui vont avoir des 100 % tout le temps en français, en maths, partout, mais ils n’auront pas d’amis parce que c’est bien compliqué. »

Elle précise. « Leurs intérêts n’intéressent pas les autres enfants de leur âge : ils aiment bien parler d’astronomie, de roches et de volcans, mais les autres parlent de Pokémon et de jeux vidéo. Les intérêts et les connaissances générales ne sont pas les mêmes. »


EXTRAIT 

« La réelle intelligence, peu importe la forme qu’elle prend, est celle qui nous permet de développer notre plein potentiel, de nous actualiser, de devenir autonome et heureux, et de donner aux autres le meilleur de ce que nous sommes. »