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Changement de vocation du Folichon: «la prostitution était de plus en plus installée»

Après 41 ans, le bar érotique Le Folichon deviendra un cabaret de spectacles

Le propriétaire du bar de danseuses Le Folichon, Gaétan Bélanger, devant la scène de son établissement fermé depuis le début de la crise sanitaire, à l’exception de quatre jours.
Photo Didier Debusschère Le propriétaire du bar de danseuses Le Folichon, Gaétan Bélanger, devant la scène de son établissement fermé depuis le début de la crise sanitaire, à l’exception de quatre jours.

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La ligne était de plus en plus mince entre l’industrie « de la sensualité » et la prostitution dans les dernières années, d’après le propriétaire du mythique bar de danseuses Le Folichon, qui a accepté de s’ouvrir sur les raisons qui l’ont poussé à changer de vocation.

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« Le milieu s’est détérioré avec les années, ça s’est éloigné beaucoup de ce que j’ai connu au début. La prostitution était de plus en plus installée », confie au Journal le propriétaire, Gaétan Bélanger, qui a opéré Le Folichon depuis ses tout débuts, en 1980. 

Les aventures sexuelles devenues plus accessibles et l’apparition de nombreux salons de massage érotique, entre autres, ont joué un rôle dans l’évolution de l’industrie, selon lui.  

  • Écoutez l'entrevue avec Gaétan Bélanger, propriétaire du Folichon au micro de Richard Martineau sur QUB radio :   

« Les clients en demandaient de plus en plus et on étirait l’élastique, comme plusieurs bars. Mais moi, ce que je voulais offrir, c’est du spectacle, pas un bordel », lance-t-il. 

Le propriétaire du bar de danseuses Le Folichon, Gaétan Bélanger, devant la scène de son établissement fermé depuis le début de la crise sanitaire, à l’exception de quatre jours.
Photo Didier Debusschère

Le bar érotique longtemps fréquenté par les joueurs des Nordiques, à l’époque, changera donc de nom – et de décors – pour devenir le Cabaret L’impresario. L’établissement sera exploité sous forme de souper-spectacle et devrait ouvrir juste avant Noël. 

Une année difficile 

L’idée a germé dans la tête de l’homme de 74 ans, il y a quelques années déjà. Mais comme pour beaucoup de secteurs, la pandémie a précipité les choses. 

Gaétan Bélanger ne s’en cache pas, les 20 derniers mois ont été particulièrement difficiles. Excepté quatre jours en septembre 2020, l’établissement est demeuré fermé depuis le début de la crise sanitaire.  

Et bon nombre de ses danseuses ont profité de la pandémie pour réorienter leur carrière vers un « milieu plus sécuritaire ». 

« Il y en a dans les hôpitaux, les résidences pour aînés, les bureaux... La pandémie en a poussé plusieurs à réfléchir à leur avenir », indique le propriétaire. 

« Tant qu’à tout recommencer, on s’est dit que c’était le moment d’essayer quelque chose de nouveau. On pense qu’il y a un marché pour ça à Québec », poursuit-il.

  • Écoutez la chronique de l’humoriste Léa Stréliski avec Geneviève Pettersen sur QUB radio

« Feu sacré »

Loin de renier son passé, le septuagénaire conservera quelques artéfacts du Folichon qui seront exposés ici et là, au sein de la bâtisse. Son seul regret, c’est que son milieu soit souvent affilié au crime organisé. 

« Dans les films, les méchants ont souvent des bars de danseuses, c’est une image qui nous colle à la peau, souligne-t-il. Mais on a toujours été un établissement respectable, une grande famille. » 

Et malgré ses 74 printemps, M. Bélanger affirme qu’il restera aux commandes de la boîte aussi longtemps que sa santé le permettra. « J’ai toujours le feu sacré ! », conclut-il en riant.

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