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Le mariage d’une fillette de 12 ans suscite des remous en Irak

Bloc justice
Photo d'archives, Fotolia

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La justice irakienne a ajourné, dimanche, une audience qui devait permettre à un homme d’officialiser son union religieuse avec une fillette de 12 ans, selon l’avocat de la mère, une affaire qui suscite des remous dans le pays. 

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Marwan Obeidi a indiqué à l’AFP qu’il demandait à un tribunal près de Bagdad «le non-enregistrement du mariage», car elle «ne peut pas être mariée en raison de son jeune âge». L’audience a été reportée au 28 novembre, selon Me Obeidi.

Légalement, l’âge du mariage est de 18 ans en Irak, mais des exceptions permettent une union à l’âge de 15 ans, avec un accord parental ou judiciaire, selon l’organisation non gouvernementale (ONG) Save the Children.

«Les mariages religieux ne sont pas autorisés» hors d’un certain cadre, «mais ce type d’union se produit encore régulièrement et peut être officialisé avec le paiement d’une amende», explique l’ONG dans un rapport récent.

Avant l’audience, une dizaine de militantes d’une ONG irakienne féministe ont manifesté devant le tribunal, brandissant des pancartes «Non au mariage des mineures» ou encore «le mariage des mineures est un crime contre l’enfance».

«Une fille de 12 ans n’a pas l’âge légal pour prendre de telles décisions qui déterminent son avenir», fustige l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak (OWFI), qui dénonce les unions prétendument religieuses réalisées parfois dès l’âge de neuf ans.

L’ONG réclame également l’abrogation de l’article 398 du Code pénal, qui «permet à un violeur d’échapper au châtiment s’il épouse la victime».

La mère, qui refuse de donner son nom, n’a aucun contact avec sa fille, Israa, et accuse son ex-mari de l’avoir kidnappée. Elle a assuré à l’AFP que sa fille avait été victime d’un «viol».

Les mariages précoces sont encore pratiqués en Irak, notamment dans les milieux conservateurs ou ruraux.

Un département du ministère de l’Intérieur, la «police sociétale irakienne», qui s’occupe de dossiers allant des violences contre les femmes au chantage en ligne, a rencontré, fin octobre, «la fille, son père et son mari».

«Elle (la fille) a assuré que le mariage avait été réalisé avec son consentement, sans que personne ne l’y oblige», selon un communiqué, qui précise que l’équipe «avait vu le contrat (de mariage) religieux en vertu duquel la mineure était mariée».

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