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Maudite qualité de vie

A happy parents playing with their kids on the floor at home. Family, together, love, playtime
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Les symptômes sont partout. Ils chamboulent l’organisation du travail.

On pourrait même dire qu’ils sont l’ultime adversaire du gouvernement Legault.

Le ras-le-bol d’en faire toujours plus.

Des infirmières qui ne veulent pas revenir dans le réseau de la santé à temps plein. Des éducatrices en garderies qui n’ont pas le courage de se taper les quelques heures supplémentaires qui leur donneraient droit à une grosse augmentation de salaire. Et que dire de ces médecins de famille à qui on reproche essentiellement de n’avoir pas l’éthique de travail de leur prédécesseur.

Objectivement, ce nouveau mal contribuerait au déclin de notre sport national. Les parents tournent le dos au hockey pour se soustraire à l’esclavage des pratiques et des tournois. 

Quelle est cette épidémie qui bouscule tout sur son passage ? La qualité de vie.

Cadeau pandémique

On a longtemps reproché aux milléniaux de s’accrocher à ce mythe de leur droit à une qualité de vie. On y a même associé une paresse générationnelle.

Or, force est de constater qu’ils n’auront été que les précurseurs d’un phénomène plus large. 

Épuisée d’une conciliation travail-famille illusoire, la génération X commence à comprendre que le concept n’est pas si fou que ça.

Ce sera bien le seul beau côté de cette pandémie qui a empoisonné notre vie pendant un an et demi.

Confinés, sans les artifices de notre société de consommation, la vie s’est ralentie. Il a fallu la meubler. Pour certains, prendre le temps de cuisiner est devenu un plaisir plutôt qu’une corvée. D’autres ont redécouvert le plaisir de jouer avec les enfants, de faire une marche avec un proche. 

Ce qui était un luxe s’est intégré à une nouvelle routine.

La liste des accommodements est longue. Elle a offert une épiphanie. Le temps, ce n’est pas juste de l’argent, c’est aussi de la paix d’esprit, du bonheur, la vie.

Question de l’urne ?

La décision de Québec solidaire de s’emparer de cet enjeu de la qualité de vie en vue des prochaines élections est plus qu’habile.

Qui n’a pas envie d’une semaine de 35 heures ? Qui n’a pas besoin de quatre semaines de vacances par année ? Un férié par mois, juste pour souffler ?

Surtout en plaçant la qualité de vie au centre de son offre politique, les solidaires offrent un contraste moderne et éloquent avec la vision plus traditionnelle d’un premier ministre Legault qui veut voir tout le monde travailler plus fort et gagner plus d’argent.

Il s’en trouvera certainement pour ridiculiser la proposition solidaire, reprocher à QS de troquer sa traditionnelle utopie socialiste en faveur d’une utopie de l’équilibre travail-famille.

Mais les statistiques ne mentent pas. Si le Québec fait meilleure figure que la moyenne canadienne au chapitre des congés, il ne réussit même pas à se classer dans le top 30 des pays du monde !

C’est un euphémisme de dire que le débat est légitime. Légitime pour la société. Légitime surtout face à un gouvernement Legault qui prétend parler pour la majorité silencieuse.