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Policiers et sécurité?

Valérie Plante a déposé des fleurs mardi sur les lieux du meurtre par balles de Thomas Trudel, 16 ans.
Photo Agence QMI, Maxime Deland Valérie Plante a déposé des fleurs mardi sur les lieux du meurtre par balles de Thomas Trudel, 16 ans.

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La sécurité a été au cœur des dernières élections municipales montréalaises. La prolifération des armes et les nombreux tirs entendus dans la métropole ont accentué cette préoccupation.

L’assassinat gratuit du jeune Thomas Trudel, s’ajoutant aux meurtres d’autres adolescents, a ravivé le débat ces jours-ci.

La mairesse Plante avait fait sienne la promesse de son opposant Denis Coderre d’ajouter 250 policiers à ses effectifs.

Certains voudraient qu’on en ajoute encore plus pour patrouiller dans les rues et que les politiciens cessent de se mêler des affaires policières.

D’autres voudraient réduire les effectifs policiers et les désarmer en voulant les voir œuvrer à un travail social plutôt qu’à la répression.

Ces tergiversations nous éloignent du véritable débat et des solutions durables, en l’occurrence une meilleure intégration socioéconomique des moins bien nantis et des nouveaux arrivants.

Cette responsabilité incombe à nos politiciens !

Mesures accessoires

La présence de plus de policiers lourdement armés ne garantit pas la fin des violences urbaines, des gangs de rue et des fusillades insensées.

Les exemples étatsuniens ou français sont révélateurs de l’inefficacité de telles mesures. On n’a qu’à songer aux zones de non-droit qui se sont créées dans les grandes agglomérations où les policiers ont peur d’intervenir.

D’autre part, réduire les effectifs policiers, c’est faire une plus grande place aux agences de sécurité privées qui n’ont pas nécessairement l’intérêt du public à cœur, mais beaucoup plus les intérêts de leurs clients.

Un meilleur contrôle des armes à feu et des mesures concrètes pour empêcher leur prolifération seraient des pas dans la bonne direction. Cependant, le gouvernement fédéral s’est montré frileux à légiférer de façon plus ferme.

L’interdiction de possession d’armes d’assaut et des peines plus lourdes pour détention illégale d’une arme à feu constituent d’autres moyens de dissuasion.

Toutefois, cela ne suffira pas à endiguer la violence si on ne s’attaque pas aux inégalités sociales, au communautarisme et à la ghettoïsation.

Les interventions policières doivent aussi être envisagées différemment.

Une approche globale

Une sécurité accrue n’arrivera pas instantanément et les différents acteurs sociaux devront se montrer patients.

Je le disais précédemment, une meilleure intégration socioéconomique s’impose pour réduire les épisodes de violence.

L’accès à un travail décent et à un logement à coût abordable s’avère des conditions essentielles dans la quête d’une plus grande sécurité.

Une déconcentration de l’immigration pour mieux la répartir sur le territoire québécois se révélerait un signal fort d’intégration et de rejet du communautarisme.

La construction d’habitation à loyers modiques dans tous les arrondissements montréalais et dans les villes limitrophes freinerait l’embourgeoisement, limiterait la ghettoïsation et assurerait une meilleure mixité sociale.

Une activité économique mieux répartie sur le territoire québécois avec des emplois qui fournissent des conditions de vie plus décentes augmenterait les chances d’éloigner les jeunes d’activités criminelles plus lucratives.

Un corps policier plus près des préoccupations des citoyens serait également un atout.

Ne pas s’attaquer aux inégalités, c’est laisser grandir la violence.