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Québec solidaire fera connaître sa vision de la laïcité

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

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Québec solidaire fera connaître sa propre vision de la laïcité avant les élections de 2022, a expliqué Gabriel Nadeau-Dubois au terme d’un débat sur le sujet en congrès.

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La formation entend toujours mettre fin à l’interdiction des signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité, mais il ne s’agit pas simplement d’abroger la loi sur la laïcité adoptée par le gouvernement Legault. 

«Québec solidaire va affirmer, en prenant le pouvoir, sa vision de la laïcité, ça passera par une loi qui bien sûr modifiera nécessairement la loi 21», a commenté le chef parlementaire Gabriel Nadeau-Dubois, lors d’un point de presse en clôture du congrès, où le parti a adopté sa plateforme électorale pour les élections de 2022. 

La formation devra déterminer quels articles de la loi demeurent et lesquels seraient abrogés, en plus de déterminer «qu’est-ce qui adviendrait des clauses de dérogation», dit M. Nadeau-Dubois. Le jugement des tribunaux devra également être pris en compte. 

De plus, une loi solidaire viendrait couper les subventions publiques aux écoles confessionnelles. 

  • Écoutez Jean-François Lisée et Thomas Mulcair au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Débat sur la laïcité

La question de la laïcité a fait un retour inattendu lors du congrès en raison d’amendements proposés par deux circonscriptions pour retirer les clauses de la loi 21 jugées discriminatoires. Une autre option visait en plus à demander un renvoi à la Cour d’appel afin qu’elle se prononce sur son caractère discriminatoire. 

Le député Alexandre Leduc, opposé à la loi 21, a notamment fait valoir que cette approche permettrait de clore le débat une fois pour toutes. 

Mais une autre militante est venue rappeler que QS s’est déjà engagée à retirer carrément la loi 21. «Et ça ouvre la porte à la possible réinstauration si la Cour n’est pas d’accord avec notre propre position», a-t-elle fait valoir. 

Les deux amendements ont finalement été rejetés. 

Des députés tempèrent les ardeurs

Au cours de la fin de semaine, des députés de QS sont également intervenus au micro pour demander aux délégués de ne pas inclure certaines propositions plus radicales dans la plateforme électorale. 

Dimanche, le porte-parole en matière de logement et d’habitation, Andrés Fontecilla, a notamment invité les militants, avec succès, à rejeter deux amendements qui visaient à imposer «un gel des loyers jusqu’en 2026» et à exproprier «tous les grands propriétaires immobiliers possédant plus de 3000 logements». 

La veille, sa collègue Manon Massé avait obtenu de transmettre à la commission politique un amendement visant à effectuer une «prise de contrôle public majoritaire des sites miniers». 

La critique en matière d’économie, Ruba Ghazal, a quant à elle appelé à battre une proposition visant à nationaliser toutes les entreprises qui refusent de se soumettre aux mesures fiscales d’un gouvernement solidaire. 

Déception à gauche

Ce type d’interventions a déçu un membre du collectif Tendance marxiste internationale de QS, Julien Arseneau. 

Dans une vidéo sur Twitter, il a déploré que des résolutions «contre le capitalisme, en faveur de la nationalisation des grandes entreprises» aient été battues. L’idée de nationaliser les entreprises pétrolières et gazières, par exemple, ne se retrouvera pas dans la plateforme électorale, bien qu’elle soit toujours dans le programme du parti. 

«Ça révèle, je crois, le tournant à droite qu’on voit dans le parti depuis plusieurs années, a commenté M. Arseneau. [...] Ça montre, selon nous, socialistes, que le parti s’en va dans une mauvaise direction et c’est pour ça qu’on se mobilise en vue de défendre les idées socialistes dans le parti.» 

Quelques propositions adoptées    

  • Nationaliser sous contrôle régional l’ensemble des industries produisant des énergies renouvelables (éolien, solaire, etc.).  
  • Éliminer immédiatement les frais scolaires de l’éducation préscolaire à secondaire.  
  • Entamer une diminution des frais exigés au niveau postsecondaire afin d’atteindre, à terme, la gratuité scolaire.  
  • Faire du 30 septembre un jour férié destiné à la vérité et à la réconciliation avec les peuples autochtones.  
  • Accorder le droit de vote aux élections municipales aux immigrants avec résidence permanente.  
  • Abolir le poste de lieutenant-gouverneur et le serment d’allégeance à la reine pour les députés.  
  • Mettre fin à l’obsolescence planifiée et garantir le droit à la réparation.  
  • Protéger 30% du territoire québécois d’ici 2030, particulièrement dans le sud du Québec.  
  • Fin du monopole syndical dans le milieu agricole.   

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