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Des méduses d'eau douce dans les lacs du Québec

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PHOTO COURTOISIE / Dominic Loiselle

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Une espèce exotique potentiellement envahissante, la méduse d'eau douce, s’est installée au Québec, mais son impact sur l’écosystème n’est pas encore connu. 

Plusieurs plongeurs en ont observé des spécimens dans des lacs du Québec, cet été.

Dominic Loiselle, biologiste et plongeur, a eu l'occasion de constater la présence de cet invertébré à maintes reprises entre la mi-septembre et la mi-octobre, à la carrière de Kahnawake, un site de plongée près de Montréal. «J'en avais entendu parler, alors j'étais à l'affût. Un jour, il y en a eu soudain des centaines autour de moi. C'est gros comme un 25 cents environ.» L'homme a réussi à prendre de superbes photos, ainsi qu'une vidéo.

Habitué à la méduse d'eau salée, une espèce indigène qu'on trouve dans les eaux salées du Saint-Laurent, et qu'il décrit comme «plus colorée, plus grande et urticante pour la peau», Dominic Loiselle voyait cette petite méduse d'eau douce, au corps transparent et gélatineux, pour la première fois de sa vie. Il a immédiatement signalé sa présence au Conseil de gouvernance de l'eau des bassins versants de la rivière Saint-François (Cogesaf).

«Quand les gens cherchent de l'information sur internet au sujet des méduses d'eau douce, ils ne trouvent pas grand-chose, car c'est très récent qu'on en observe au Québec. Ils voient alors l'avis de localisation qu'on a lancé au début de l'été et ils nous appellent. J'ai reçu toutes sortes d'observations, principalement en Estrie, d'autres en Mauricie, dans les Laurentides, en Outaouais», explique Nicolas Bousquet, biologiste au COGESAF.

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PHOTO COURTOISIE / Dominic Loiselle

Selon une fiche d'observation distribuée par un autre organisme de bassin versant, le Comité du bassin versant de la rivière du Lièvre (COBALI), la méduse d'eau douce (Craspedacusta sowerbyi) peut demeurer en dormance au stade de polype, jusqu'à 40 ans au fond d'un lac. Son éclosion sous forme de méduse dure de 34 à 51 jours. L'espèce serait originaire d'Asie et se transporte d'un plan d'eau à l'autre par de l'équipement nautique mal nettoyé. Elle se nourrit de zooplancton.

Beaucoup d'inconnu subsiste au sujet de cette espèce, explique Nicolas Bousquet. «Selon nos observations, l'éclosion ne se produit pas partout en même temps et on ne sait pas encore précisément ce qui la provoque. Ça pourrait être la température, mais ça pourrait aussi être la présence de nourriture, ou un autre facteur.» Pour l'instant, l'impact de sa présence sur les écosystèmes aquatiques reste encore à évaluer, mentionne le chercheur.

Daniel Labonté du ministère des Forêts de la Faune et des Parcs (MFFP), nous informe qu'il n'y a pas de stratégie d'éradication en place. «Une fois que la méduse d'eau douce est implantée dans un milieu, c'est pratiquement impossible de la contrôler ou de l'éradiquer. La prévention, soit l'application des bonnes pratiques en matière de nettoyage des embarcations et des équipements nautiques, reste la meilleure stratégie pour limiter sa progression de l'espèce sur le territoire québécois.»

Le MFFP estime que la méduse d’eau douce est présente dans au moins 120 plans d'eau québécois, majoritairement des lacs.

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