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Enquête de la coroner: les CHSLD privés s’expliquent «très mal» le témoignage de McCann

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Les CHSLD privés conventionnés «s’expliquent très mal» pourquoi ils ont été alertés au dernier moment de l’arrivée d’une pandémie, en mars 2020, alors que les PDG du réseau de la santé avaient été avertis, des semaines plus tôt, de préparer leurs établissements. 

Le témoignage de l’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, aux audiences de la coroner Géhane Kamel, jeudi dernier, présente «clairement» des zones d’ombre, estime la directrice générale de leur association (AEPC), Annick Lavoie, en entrevue récemment.

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Danielle McCann a alors affirmé qu’il avait été demandé, dès janvier 2020, aux dirigeants des CIUSSS et des CISSS, de préparer leurs plans de lutte contre la pandémie, y compris dans leurs CHSLD. Une consigne toutefois absente des procès-verbaux rédigés à l’époque.

Rien avant mars

Même s’ils sont gérés par des propriétaires privés, les CHSLD privés conventionnés sont entièrement financés et régis par le ministère de la Santé et des Services sociaux et se trouvent sous la responsabilité des CIUSSS de leurs régions respectives.

Or, Annick Lavoie affirme avoir été avertie de la gravité de la situation que l’avant-veille du déclenchement de l’état d’urgence sanitaire au Québec, le 11 mars, par la sous-ministre adjointe aux aînés, Natalie Rosebush.

Même si elle admet que la relation entre les CHSLD privés conventionnés et leurs CIUSSS responsables est «à géométrie variable», la DG de l’AEPC se surprend qu’aucun de ses membres n’ait été mis au courant avant.

«Je ne peux pas croire que dans aucun cas, personne n’aurait pensé à nous envoyer de message. Et c’est clair que si un de nos membres avait été avisé de ça, il aurait levé un drapeau», affirme-t-elle.

Si le bilan de la première vague est moindre pour les membres de l’AEPC qu’ailleurs dans le réseau, ceux-ci ont tout de même gravement manqué d’équipements de protection pour leurs travailleurs en raison de la centralisation des ressources par Québec.

L’opposition demande une enquête

Lundi, l’opposition est revenue à la charge pour demander la tenue d’une commission d’enquête publique sur la gestion de la pandémie, un exercice semblable à la commission Charbonneau.

Pour la porte-parole de l’opposition officielle pour les aînés, Monique Sauvé, le témoignage de la ministre McCann a soulevé plus de questions qu’il en a répondu.

Au sujet de son appel au réseau à se préparer dès la fin janvier, «elle a dit ça, mais il n’y a aucune trace de ça», souligne la députée libérale qui qualifie l’absence de cette information de «grande négligence» à l’endroit des familles qui ont perdu un proche en CHSLD.

Pour le député solidaire, Sol Zanetti, une éventuelle enquête publique devrait couvrir toutes les vagues de la pandémie et non pas seulement la première, où une majorité de décès est concentrée.

Selon la députée péquiste Lorraine Richard, il s’agit de la seule façon de faire toute la lumière sur ce sombre épisode durant lequel plus de 5000 aînés sont décédés.

«Plus encore, il faut entendre tous ceux qui ont joué un rôle important dans la crise: ça veut dire les PDG des CISSS et des CIUSSS, mais aussi les membres de la cellule de crise. Le gouvernement ne peut refuser», dit-elle.