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La fuite en avant du gouvernement Trudeau

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Photo AFP

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En politique, la critique est parfois acerbe. Conséquemment, il faudrait éviter de lui prêter le flanc avec des engagements qu’on est incapable d’honorer et des décisions ou des postures alambiquées qu’on serait amené à prendre.

À moins que l’on soit consciemment ou inconsciemment masochiste, la moindre des choses serait de prendre la peine d’expliquer le bien-fondé et la cohérence des décisions qu’on prend...

Un constat

De mémoire, depuis 2015, le Parti libéral du Canada a fait campagne sur les enjeux relatifs à la violence et les crimes par les armes à feu. Lors de la récente campagne électorale fédérale, on pouvait lire en introduction de leur plateforme, à la rubrique Mettre fin à la violence commise avec des armes à feu :

« Nos communautés devraient être des endroits sûrs et paisibles pour vivre et élever nos enfants, mais la violence par armes à feu, comme on l’a souvent vu aux États-Unis, est en hausse au Canada. Le taux d’infractions liées à des armes à feu a monté pour une cinquième année consécutive et le taux d’homicides a été le plus élevé en une décennie, 40 % de ces homicides étant liés à des armes à feu. »

Et si réélu, il s’engageait à durcir les lois sur les armes à feu et à lutter contre le trafic et la contrebande de ces armes ; notamment avec des peines maximales plus lourdes, passant de 10 à 14 ans d’emprisonnement.

Le renforcement de la capacité de la GRC et de l’Agence des services frontaliers du Canada pour combattre l’importation illégale d’armes à feu était également au menu.

La dérobade

Maintenant qu’il a été reporté au pouvoir et que cet enjeu refait brutalement surface avec l’exécution, par arme de poing, du jeune Thomas Trudel, il se déleste de ses responsabilités et les flanque, pour des raisons obscures, dans la cour des provinces et du Québec.

Le gouvernement Trudeau réserve un minimum d’un milliard de dollars en soutien aux territoires, aux provinces et au Québec dans la mesure où ils imposeraient une interdiction des armes de poing. Or, ce champ de juridiction est strictement fédéral !

À l’évidence, le gouvernement Trudeau n’est pas fermé à la décentralisation au volet du bannissement des armes de poing. Mais pourquoi diable l’est-il avec des enjeux qui ne font pas partie de sa compétence ? La santé, par exemple ?

Pourquoi est-il si arrogant pour dire au Québec comment gérer la santé ? Cela ne relève pas de sa compétence !

Aussi, pourquoi est-il si fermé au transfert des pouvoirs en matière de culture et de communications, de langue ou d’immigration au chapitre du regroupement des familles immigrantes au Québec ? Voilà des décennies que le Québec demande ces pouvoirs...

Si le gouvernement Trudeau est sincère dans son élan nouveau de décentralisation, qu’il s’assoie avec le Québec et les provinces afin de voir avec eux comment cela peut se faire au lieu de choisir les compétences qu’il cède, et celles qu’il s’approprie au gré du vent...