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Le Canadien est « mal-mené »

Le Canadien est « mal-mené »
Photo Martin Alarie

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Le Canadien a gagné contre les Predators. Une victoire franche en dépit d’un relâchement hasardeux. Une victoire du samedi, le plus beau soir de la semaine pour un triomphe du CH.

Montréal s’était cependant fait planter contre Pittsburgh. Une neuvième défaite sur 15 par trois buts ou plus. Une huitième soirée sur 20 lors de laquelle Montréal concédait au moins cinq filets. Pas très chic tout ça. 

  • Écoutez la chronique de Jean-Charles Lajoie avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Dominique Ducharme coache sur des œufs malgré son durcissement de ton des derniers jours. 

Paraît que certains joueurs n’étaient pas heureux de sa composition à 11 attaquants et sept défenseurs contre Nashville. Sans doute que ceux qui se prennent le derrière à trois mains se permettent davantage de faire la moue parce que le coach dirige ? 

Ça résume la fragilité du vestiaire du CH.

Bergevin sur du temps emprunté

Dans les derniers jours, il y a eu tournée médiatique impromptue de Marc Bergevin. 

Le vice-président hockey et directeur général, cloîtré en raison de la COVID, possède désormais avec raison son propre agenda. Son boss et lui se parlent constamment, leur communication est courtoise. Mais le contenu de leurs discussions se limite aux politesses d’usage et aux questions de hockey qui requièrent l’aval ou qui intéressent le propriétaire. 

Comme s’il n’y avait aucun éléphant dans la pièce en ce qui a trait à la situation contractuelle de Bergevin. C’est au bas mot particulier.

Clairement, Marc Bergevin veille aux destinées du Canadien pour très peu de temps encore. 

La logique commande d’installer un nouveau directeur général avant la pause de Noël. 

Le nouveau shérif bénéficiera de la pause olympique pour établir sa stratégie et tisser quelques contacts. Il pourra ainsi bouger à sa guise à la date limite des transactions, avant de présider à son premier repêchage. Cela écrit en toute logique de passation des pouvoirs.

Le manque de courage de Molson

Or peut-on croire en une logique appliquée venant de Geoff Molson ? L’actionnaire de contrôle brille par son absence alors que le bateau prend l’eau. 

Son laxisme à régler le dossier de la gouvernance hockey va fort probablement plomber le Canadien pour un autre trois à cinq ans. S’il avait agi lors de la dernière saison morte, nous ne serions pas devant le triste constat d’une campagne gaspillée. 

Tout le monde savait que Shea Weber n’allait plus jouer au hockey. Que Carey Price ne serait pas le gardien partant avant quelques mois. C’était propice à un virage à 90 degrés. 

Ce plan ajusté ne pouvait pas être celui de Bergevin, résolu sans mandat au-delà de l’actuelle campagne à tenter de maintenir la barque à flot.

Je pense que Molson a manqué de courage en ne signifiant pas franchement à Bergevin son intention de ne pas prolonger son entente. Se faisant, il a placé en situation impossible l’architecte de la présence de l’équipe en finale de la coupe Stanley. 

Un scénario qui va nuire au successeur de Bergevin à qui le public pardonnera tout pendant au moins trois ans...

Quand tout va mal, on cherche des coupables. Dans le cas qui nous occupe, il faut regarder à la tête de la pyramide. Le Canadien va comme il est mené. Le Canadien est « mal-mené » !