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Plus facile de parler hockey

Plus facile de parler hockey
Photo Andréanne Lemire

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Beau contraste que nous a offert le gouvernement Legault sur le front de notre fierté nationale.

François Legault désigne son ministre des Finances comme ministre des Nordiques, mais quand il s’agit d’annoncer 50 M$ pour la diffusion de la culture auprès des jeunes, il ne daigne pas se déplacer.

On n’ira pas jusqu’à reprocher au premier ministre de préférer le hockey à la culture. N’empêche, le signal qu’il envoie ainsi est navrant. Un triste reflet d’une réalité qu’on préfère taire.

Il est bien plus facile d’enchevêtrer l’identité de la CAQ dans la fibre nationale du pure laine tissé serré qui rêve au retour des années glorieuses des coupes Stanley à Montréal et de la bonne vieille rivalité Canadien-Nordiques, que de rappeler aux électeurs que notre langue, il faut la maîtriser, notre culture, l’approfondir.

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Faut-il rappeler que la culture d’une nation se forge au-delà du sport. La nôtre a été tissée par les œuvres de Gaston Miron, Réjean Ducharme, Jacques Godbout, Anne Hébert, Michel Tremblay et tant d’autres.

Ils nous ont raconté notre histoire, nous ont aidés à nous comprendre nous-mêmes. Ils nous ont mis au défi d’affronter nos contradictions, de nous surpasser.

Or, dans une société où 48 % de la population peine toujours à comprendre un texte complexe, combien de Québécois passent à côté de ce moteur de notre identité ?

Car notre langue, il faut la maîtriser pour la sauvegarder. On en est encore loin.

Mais ça, il ne faut pas le dire, ça blesserait des électeurs. Plus facile de parler hockey.

François Legault pourrait nous organiser, pour Noël, une lecture publique du magnifique conte Le Chandail de hockey de Roch Carrier. Au moins aurait-il la vertu de nous rappeler que notre fierté québécoise passe aussi par sa riche culture littéraire.