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Les arbres ont la cote: les résidents prêts à être taxés davantage pour verdir

Les arbres ont la cote: les résidents prêts à être taxés davantage pour verdir
Photo d'archives Agence QMI

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Les résidents de Québec et de Montréal accepteraient d’être taxés davantage pour densifier et diversifier le couvert forestier en milieu urbain, indique une étude inédite.

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Un sondage a permis d’établir une préférence dans les deux plus grandes villes québécoises pour une forêt urbaine deux fois plus dense et trois fois plus diversifiée qu’elle ne l’est en ce moment, avec plus d’arbustes dans les rues.

Les répondants de Québec seraient prêts à débourser 50 $ chacun par année pour bénéficier de ces attributs et ceux de Montréal, un total de 68 $, selon l’étude dévoilée aujourd’hui par la Fondation David Suzuki et la Chaire de recherche du Canada en économie écologique de l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

La proportion de conifères, une autre caractéristique qui était étudiée, semble toutefois laisser les gens quelque peu indifférents, particulièrement à Québec.

Félix Lorrain-Landry, Doctorant à l’UQO
Photo courtoisie
Félix Lorrain-Landry, Doctorant à l’UQO

Des millions de plus

En rapportant ces données à l’ensemble de la population, cela veut dire que la Ville de Québec pourrait investir 26,8 millions $ par année dans ses infrastructures naturelles, soit plus que les 21,2 millions $ qui étaient prévus au budget 2021.

Pour la métropole, c’est l’équivalent d’un montant annuel de 116 millions $, près de cinq fois l’enveloppe de 24,6 millions $ consentie cette année pour la gestion et la bonification de la forêt urbaine.

Félix Lorrain-Landry, auteur principal de l’étude, voit dans ces résultats un vif intérêt de la population pour des objectifs de verdissement encore plus ambitieux qu’ils ne le sont à l’heure actuelle.

« Ça montre que les gens, finalement, voient que les arbres contribuent à leur qualité de vie à hauteur de ces montants-là » et « constatent qu’il y a des avantages à avoir des arbres », résume le doctorant à l’UQO.

Prépandémie

Le sondage a été réalisé auprès de 300 citoyens de Québec et de 1050 citoyens de Montréal, lors de l’été 2019, soit avant la pandémie, durant laquelle un grand nombre de citadins se sont rués vers les espaces verts, note M. Lorrain-Landry.

Les données font aussi écho aux dernières élections municipales, où l’enjeu du verdissement s’est souvent fait entendre. Elles révèlent un écart entre les pratiques actuelles et les préférences réelles des habitants, qui réclament une plus grande diversité des espèces.

Le chercheur souligne que les arbres ont plusieurs bienfaits, que ce soit pour lutter contre les îlots de chaleur, embellir les quartiers ou réduire la pollution atmosphérique, ce qui n’est probablement pas étranger aux résultats de l’enquête.

Les villes invitées à être ambitieuses  

Ce que les villes visent en ce moment :

Atteindre un indice de canopée de 35 % à Québec et de 25 % à Montréal en 2025

Ce que propose l’étude :

Rehausser l’objectif pour atteindre un indice de canopée de 64 % à Québec et de 40 % à Montréal en 2025

Source : Étude de la Fondation David Suzuki et de la Chaire de recherche du Canada en économie écologique de l’Université du Québec en Outaouais

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