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Québec solidaire: un repoussoir politique

Québec solidaire: un repoussoir politique
Photo d'archives

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Gabriel Nadeau-Dubois est un politicien talentueux, certes. Mais il est le porte-parole d’un parti où des militants, moins talentueux, mais plus radicaux et plus manipulateurs que lui, risquent de freiner ses attentes électorales.

Il estime que ces militants ont mis en place « la meilleure plateforme électorale » de l’histoire du parti. Grand bien lui fasse. Cependant, en votant à 93 % une motion qui confirme l’adoption de cibles de réduction de gaz à effet de serre à hauteur de 55 % en 2030, Québec solidaire prouve, à l’évidence, qu’il erre ou qu’il bluffe comme les vieux partis qu’il dénonce.

GND a même déclaré que les militants ont « trouvé l’équilibre entre ambition et faisabilité ». Car certains solidaires souhaitaient même des seuils minimaux de 65 % !

Or, un taux de 55 % est impossible, à moins d’interdire les voitures, les VUS et tout autre véhicule de transport. Cette promesse est donc un leurre auquel adhéreront les plus irréalistes et débranchés des militants et des électeurs. Quel cadeau offert à la CAQ, dont la popularité affole les tiers partis, dont Québec solidaire, déchiré entre des extrémistes et des socialistes de bon ton !

Loi 21

Québec solidaire s’oppose aussi aux principes de la loi sur la laïcité qui rallie également une majorité des électeurs québécois. Les militants de Québec solidaire appuient la laïcité du Québec, mais dans le même souffle s’opposent à l’interdiction des signes religieux tels que définis dans la loi 21. En effet, ni les policiers, ni les juges, ni les avocats, ni les agents correctionnels de même que les enseignants et les directeurs d’école publique ne peuvent porter de signes religieux.

Or durant le congrès de la fin de la semaine dernière, Québec solidaire avait pris soin d’éviter ce sujet. Cela n’a pas empêché des militants de tenter de mettre ce sujet délicat, c’est-à-dire cette « loi raciste », à l’ordre du jour. Les militants souhaitant en discuter ont été mis au pas par des votes de l’assemblée.

Québec solidaire, dont les porte-parole officiels ont joué un rôle nécessaire à l’Assemblée nationale, a bien peu de chances de faire des gains à l’élection de 2022. Au contraire, Québec solidaire risque d’y perdre des sièges. L’on n’imagine guère qu’il ait des chances de former l’opposition officielle, comme il le prétend.

  • Écoutez la chronique de Denise Bombardier au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

Avenir incertain

Le parti, dont la moitié des membres considèrent la CAQ comme un parti fascisant, raciste, au nationalisme faisandé, a peu d’avenir. Ses préoccupations sociales trouvent des échos cependant au PQ et paradoxalement dans une partie de la CAQ actuelle.

La remise en question du temps de travail, des conditions qui y sont associées et des échelles salariales se retrouve aussi à la CAQ et même au PLQ.

Il faut s’attendre dans les mois qui viennent à une pression populaire face aux extrémismes idéologiques qui ont envahi la vie politique en Occident, des États-Unis à la France et des pays nordiques à l’Europe de l’Est.

La sortie de la pandémie amènera les citoyens à rêver de modération ou de révolution douteuse. Or, au Québec, qui a envie de radicalisme et de grand soir ?