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Carabins: comme une petite dynastie

L'équipe remporte un deuxième titre national en trois ans

Photos portraits Carabins soccer champions canadiens
Photo Ben Pelosse Guy-Frank Essome Penda, Félix Goulet, l’entraîneur-chef Pat Raimondo et Quentin Paumier posent pour la postérité.

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Les Carabins de l’Université de Montréal sont tranquillement en train de devenir une petite dynastie du soccer universitaire canadien.

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Dimanche à Ottawa, ils ont remporté un second championnat national en trois ans. Ils participaient à une quatrième finale de suite.

« Le défi est de faire comprendre aux gars que ce n’est pas facile de se rendre en finale, ce n’est pas normal de jouer quatre finales nationales de suite. On essaie de convaincre les joueurs que ce n’est pas facile », a mentionné en riant l’entraîneur-chef Pat Raimondo.

C’est une première présence en finale dans l’histoire du programme, en 2017, qui a tout changé, selon le gardien Félix Goulet.

« Ç’a établi un standard. L’objectif maintenant n’est plus de se rendre au championnat canadien, c’est d’atteindre la finale et de la gagner. »

Les Carabins l’ont chèrement payé, ce second championnat canadien. Ils ont disputé trois matchs en quatre jours ; chacun des trois s’est rendu en prolongation, et deux ont atteint la séance de tirs au but.

C’est donc l’équivalent de quatre parties en quatre jours que les hommes en bleu ont joué pour soulever la coupe.

« Il faut quand même avoir le cœur attaché, reconnaît le milieu Quentin Paumier. Je crois que l’adrénaline et le désir de vaincre nous ont portés plus qu’on pensait. »

Rien que la finale, remportée 3 à 2 contre les Ravens de Carleton, l’équipe hôtesse, semble tout droit sortie d’un film de Disney. Les Carabins égalent la marque 1 à 1 à la 90e minute pour forcer la prolongation. Ils prennent l’avance, mais les Ravens créent l’égalité à la 120e minute, sur le dernier jeu du match, pour forcer les tirs au but.

Plus difficile

De l’avis de tous, c’est ce second championnat qui a été le plus difficile à gagner et vu les circonstances, on les croit sur parole.

« Le premier a été difficile parce que c’était le premier, il y avait la pression de remporter un premier titre pour le programme », a raconté Pat Raimondo.

« Mais celui-ci, avec trois matchs en prolongation et la perte de bons joueurs dès le début de l’année, a été plus difficile. »

L’attaquant Guy-Frank Essome Penda, qui a choisi de prolonger ses études pour jouer cette année, estime lui aussi que cette conquête a été ardue parce qu’elle a été achevée dans un contexte particulier.

« C’est le premier championnat après la COVID, il y a eu des joueurs qui ont terminé leurs études. »

Des honneurs

Essome Penda, né en Russie d’une mère russe et d’un père camerounais, ne doit pas le regretter, car il termine sa carrière universitaire avec deux titres nationaux et quatre présences en finale, tout comme Félix Goulet.

De plus, l’attaquant a été nommé joueur par excellence au Québec, au Canada et lors du championnat national, la Sainte Trinité des honneurs individuels.

« Je suis très content de pouvoir porter ces honneurs-là, mais je les considère plutôt comme un bonus », dit-il modestement.

« Le parcours que j’ai eu avec cette équipe m’a permis de grandir comme personne et comme joueur. » 

Gagner pour ses coéquipiers  

L’équipe de soccer des Carabins est bien plus une famille qu’autre chose.

« C’est le programme qui fait qu’on est comme ça en tant qu’équipe. On se reposait sur les 18 joueurs et pas seulement sur le XI partant », confirme le gardien Félix Goulet.

D’ailleurs, c’est lui qui décrit le mieux cet esprit quand il parle de son désir de remporter un second championnat national pour conclure sa carrière universitaire.

« En début de saison, je disais que je voulais un deuxième championnat pour finir en beauté, mais à mesure que ça progressait, je me foutais de la deuxième bague, je voulais surtout gagner pour que les nouveaux puissent y goûter. »

Inspiré

L’histoire de Quentin Paumier, un Marseillais, représente bien l’ambiance qui règne au sein de cette belle famille.

Jouer pour les Carabins lui a carrément redonné l’amour d’un sport qu’il avait laissé tomber.

« J’étais venu pour étudier principalement, confie-t-il. Je jouais à un bon niveau en France, mais j’avais arrêté deux ans parce que j’avais perdu le goût, c’était trop négatif et je ne prenais plus de plaisir à jouer.

« Ce que je retrouve ici, c’est ce qui m’avait manqué. N’importe qui dans l’équipe est un ami ou un frère. C’est comme quand j’avais dix ans. »

Performances

Et cette camaraderie produit des effets indéniables sur le terrain, selon Paumier.

« Je n’imagine pas comment ça va être l’an prochain parce que cette année, il y a beaucoup de jeunes. On s’est liés d’amitié et on est encore plus forts, alors l’année prochaine ça risque d’être bon. »

Et l’on insiste, c’est d’abord une bande d’amis, comme le confirme l’entraîneur-chef, Pat Raimondo.

« Ce qui me touche le plus, c’est de voir les gars à l’extérieur de la victoire, comment ils se tiennent ensemble, ils se protègent et s’aident. »

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