/opinion/columnists
Navigation

Du hockey professionnel à Québec

Legault
Photo d’archives

Coup d'oeil sur cet article

Le premier ministre du Québec est-il en train de divaguer lorsqu’il demande à l’un de ses ministres de monter un dossier pour ramener la Ligue nationale de hockey à Québec ? Ma réponse est un gros non. Il fait exactement son travail.

Les raisons de vouloir le retour de la LNH à Québec sont nombreuses.

On peut souhaiter les retombées économiques qui viennent avec ces entreprises géantes.

Ou la visibilité nord-américaine de la ville, faisant partie des « ligues majeures » dans tous les sens du mot.

Ou simplement espérer un divertissement de qualité pour la population.

On peut y voir une clé pour le recrutement de main-d’œuvre, un enjeu important à Québec.

On peut aussi y voir un élément de fierté nationale ou régionale, ce qui est loin d’être une banalité. Personnellement, je crois beaucoup à la fierté comme moteur des sociétés.

Québec, la seule

Quelles que soient la ou les raisons qui motivent François Legault, un fait demeure : ce n’est pas cette initiative qui est anormale. C’est l’absence d’une équipe de la LNH à Québec qui est complètement anormale.

Québec est la seule grande agglomération canadienne qui n’a pas d’équipe. Pour promouvoir le projet de tramway, on rappelle souvent que Québec est la seule ville de son envergure sans un vrai système de transport en commun. C’est aussi vrai pour un club de hockey !

Même en élargissant la recherche aux États-Unis, si vous regardez au nord du 40e parallèle, là où l’on connaît le froid et la nordicité, Québec est la seule grande agglomération non représentée dans la ligue.

Erreur historique

Je répéterai une opinion que j’ai déjà exprimée : Québec n’aurait jamais dû perdre les Nordiques. Une gaffe monumentale ! On nous reparle des circonstances particulières de l’époque... Foutaise ! Le club a été vendu pour 75 millions $. Il en vaudrait aujourd’hui au moins 750.

Je repense à la honte de voir le Fonds de solidarité à la table. Subventionnés pour soutenir l’économie du Québec et assis à la table pour vendre les Nordiques. Inconscients de la croissance de valeur d’une équipe dans la LNH.

Même la ville de Détroit a gardé son équipe, malgré une terrible décroissance économique qui lui a fait perdre la moitié de sa population depuis les années 1970.

On ne réécrit pas le passé. Mais on écrit l’avenir. François Legault fait une chose simple. Il demande à un ministre de monter un dossier, une espèce de candidature de Québec. Il n’a pas engagé des millions, le seul investissement, c’est du temps dans l’agenda du ministre des Finances. D’ailleurs, Éric Girard a grandi à Québec et ne se fait pas prier pour s’occuper du dossier.

La tentative ne garantit aucun résultat. Cependant, il est normal et souhaitable qu’une agglomération en croissance économique forte, qui a bâti un amphithéâtre adéquat, se pose en candidate si jamais une équipe en difficulté devait déménager.

Legault doit résister au mémérage anti-Québec qu’on entend à l’autre bout de la 20.