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Enquête de la coroner: accusée d’avoir menti sous serment, McCann se défend

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Accusé par les partis d’opposition d’avoir menti sous serment, l’ex-ministre de la Santé, Danielle McCann, maintient avoir averti dès janvier le réseau de se préparer à l’arrivée de la pandémie de coronavirus.

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Munie d’une lettre envoyée aux «coordonnateurs de sécurité civile» des établissements du réseau de la santé le 28 janvier 2020, la ministre a rappelé «qu’à ce moment, nous n’avons que peu d’information sur le virus», mais «nous leur annonçons qu’il faut se préparer» à l’arrivée de la COVID-19.  

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Elle défend également l’approche du réseau au début de la crise, qualifiée de «d’hospitalocentriste» par la protectrice du citoyen dans un rapport explosif déposé la veille.

«Il fallait se remettre en contexte. Le SRAS avait frappé dans les hôpitaux, en Italie c’était dans les hôpitaux aussi. Oui, les hôpitaux c’était notre grande peur», a-t-elle martelée.

Ce n’est que le 9 mars, lors d’une rencontre avec la santé publique, qu’elle a été informée du danger que représentait le coronavirus pour les personnes aînées.

Pourtant, le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, en était conscient depuis janvier, selon son témoignage une semaine plus tôt devant la coroner chargée d’enquêter sur la vague de décès en CHSLD durant la première vague.

Mensonges coordonnés.

Péquistes et libéraux ont accusé mercredi l’ex-ministre de la Santé d’avoir menti sous serment au lendemain de la parution du rapport de la protectrice du citoyen.

Celui-ci contredit la version donnée jusqu’ici par le gouvernement à l’effet que le réseau de la santé avait reçu la directive de préparer ses établissements, y compris les CHSLD, dès janvier 2020, ont-ils souligné.

Pour la cheffe libérale, Dominique Anglade, Danielle McCann doit s’expliquer sur sa version contradictoire dans ce dossier.

«Le rapport est clair : pas de directives envoyées aux CHSLD avant le mois de mars. Les faits ne mentent pas [mais] le gouvernement, lui, a menti aux Québécois», a-t-elle déclarée mercredi matin. 

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Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, va même jusqu’à demander à la coroner Géhane Kamel, d’entendre à nouveau plusieurs témoins dont Danielle McCann son ancien sous-ministre Yvan Gendron, le Dr Horacio Arruda et la sous-ministre adjointe aux Aînés, Natalie Rosebush, qu’il soupçonne d’un raconté un «mensonge vraisemblablement coordonné».

«On a perdu des milliers de Québécois aux mains de la COVID dans des circonstances inhumaines et on a droit à la vérité, à de l'intégrité et à de la transparence», a-t-il lancé.

Québec solidaire réclame pour sa part qu’une enquête publique se tienne afin de faire la lumière sur l’ensemble de la crise de la COVID-19, et non pas seulement sur la première vague, au printemps 2020.

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