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Vers une grève illimitée dans les CPE au grand dam des parents

De nombreuses familles pourraient à nouveau être privées de garderie

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La menace du déclenchement d’une grève générale illimitée dans les CPE de la province dès la semaine prochaine décourage des parents déjà exténués par les récents débrayages.

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« De savoir que le vote a été positif, pour moi, c’est un gros stress et ça n’aide pas notre moral », soutient Marie-Michèle Quirion, qui est infirmière à l’hôpital de Saint-Georges, en Beauce, et qui blâme le gouvernement pour cette situation.

Marie-Michèle Quirion, son conjoint, Maxime, et leurs enfants, Florence et Océane, n’en peuvent plus de la grève.
Photo courtoisie
Marie-Michèle Quirion, son conjoint, Maxime, et leurs enfants, Florence et Océane, n’en peuvent plus de la grève.

Mercredi, les 3200 travailleuses de la petite enfance affiliées à la CSQ ont voté à 91 % en faveur du moyen de pression ultime.

Aujourd’hui, ce sera au tour des 11 000 éducatrices de la CSN de voter sur une grève générale illimitée. 

« Pour nous, il faut que ça se règle maintenant, donc avant Noël, a insisté Valérie Grenon, la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ). Actuellement, ça ne fonctionne pas à la table de négociations ! »

Le syndicat pourrait débrayer dès la semaine prochaine selon elle.

  • Écoutez le témoignage de Sarah Landry, signataire d’une lettre sur les parents au bout du rouleau et mère de 2 enfants

Parents découragés

Pour chaque journée de grève, Mme Quirion doit consacrer « des heures » à élaborer des solutions pour ses enfants de 2 et 3 ans.

Elle ne peut même pas prendre le moindre congé sans solde, car cela lui ferait perdre sa prime de 15 000 $ offerte par le gouvernement aux infirmières.

« On n’est plus dans la goutte qui fait déborder le vase. Pour moi, on vient de rajouter un verre d’eau au complet, déplore Gabrielle Dumoulin, dont le travail est le seul revenu de la maison. Je suis constamment dans mon rôle de mère et j’alterne avec mon rôle de travailleuse et je suis ni bonne dans l’un ou dans l’autre. »

Elle en veut elle aussi au gouvernement qui, selon elle, « ne fait pas le choix des familles ».

« Moi entendre parler du retour des Nordiques par le gouvernement, ça me rend folle parce qu’on est tous débordés. »

Pour François Laliberté-Auger, de Montréal, les journées de grève obligent les parents comme lui à retourner « en mode pandémie ».

« On essaie de travailler avec les enfants dans les pattes. [Mon garçon de 3 ans] veut qu’on joue avec lui et on ne veut pas qu’il écoute huit heures de télé par jour », explique le papa qui dit accumuler la fatigue avec les journées de grève.

  • Écoutez l’entrevue de Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec

Survivre aux grèves

« On survit à peine aux grèves et fermetures de classes et dépistages à répétition », souffle Ariane L. Millette, physiothérapeute pédiatrique à Montréal. 

Elle explique que la grève a affecté les services qu’elle offre à des enfants handicapés.

« On peut s’arranger quelques jours, mais à long terme, je ne vois pas comment on peut tenir la situation », ajoute Mme Millette.

« J’ai bon espoir qu’on règle sans utiliser [le mandat de grève générale illimitée] », a fait valoir de son côté Valérie Grenon. 

Elle promet d’informer les parents quelques jours avant le débrayage si une entente ne survient pas d’ici peu alors que les négociations se poursuivent.

Le litige porte essentiellement sur les hausses salariales accordées aux éducatrices spécialisées, cuisiniers et travailleurs qui s’occupent de l’entretien.

Alors que Québec veut offrir des hausses plus importantes aux éducatrices, les syndicats plaident pour que les autres employés qui travaillent dans les CPE jouissent aussi d’une bonification substantielle de leur rémunération.

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