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SDC : Les commerçants du Petit Maghreb unissent leur voix

Toufik Lallouche, président de la SDC du Petit Maghreb
Photo Agence QMI, Félix Lacerte-Gauthier Toufik Lallouche, président de la SDC du Petit Maghreb

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Les commerçants du sur la rue Jean-Talon, à Montréal, se sont regroupés pour fonder une Société de développement commercial (SDC) qui permettra à l’artère d’avoir sa propre «empreinte» et de mieux se développer. 

«On veut rendre l’artère plus accessible, plus attrayante et plus attirante et on souhaite diversifier la clientèle», a résumé Toufik Lallouche, le président élu de cette nouvelle société qui compte près de 120 membres. 

Il donne en exemple sa volonté de verdir quelque peu l’artère commerciale, qui est présentement un îlot de chaleur, de même que l’idée de rénover les façades des commerces afin de donner une «empreinte» à la rue. 

«Dès qu’on recevra notre financement, on va essayer de donner une touche personnalisée pour les deux entrées, à Saint-Michel et à Pie-IX», a ajouté M. Lallouche. 

Pour les commerçants, l’avantage pourrait notamment se faire sentir dans le dossier du prolongement de la ligne bleue, dont les travaux perturbent la rue à l’intersection avec le boulevard Pie-IX. 

«[Une SDC], ça donne une représentation qui est unique et forte. Tous les commerçants parlent ensemble d’une même voix et ils sont capables de prendre leur destin en main pour gérer l’artère», a résumé Rafik M. Bentabbel, un avocat qui a contribué à la mise sur pied de l’organisation. 

Le 30 septembre dernier, les commerçants ont tenu leur première assemblée générale afin d’adopter le règlement de régie interne, qui devait être approuvé officiellement par l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension mardi soir. 

Coordonnateur pour le Forum Jeunesse de Saint-Michel et intervenant social bien connu dans le quartier, Mohamed Mimoun avait été l’un des instigateurs qui ont mené à la création de la SDC. 

«Il y a trop de boulangeries, trop de coiffeurs, trop de cafés, mais il y a des commerces qui n’existent pas. Il n’y a pas de variation», a-t-il fait remarquer en soulignant que la création de l’organisme permettra d’avoir davantage de cohérence sur la rue. 

L’initiative permettra également l’organisation d’événements pour le public. «La SDC peut faire des Marchés de Noël, ou des ventes trottoirs par exemple. Des choses qui se font ailleurs et qui manquent beaucoup dans le quartier», a constaté M. Mimoun. 

Une murale sur la rue Jean-Talon, dans le Petit Maghreb
Photo Agence QMI, Félix Lacerte-Gauthier
Une murale sur la rue Jean-Talon, dans le Petit Maghreb

Un projet de longue haleine

L’idée de fonder une SDC ne date pas d’hier. Des discussions à ce sujet ont lieu depuis une quinzaine d’années, mais n’avaient jamais abouti jusqu’à très récemment. 

M. Lallouche a mentionné à cet effet la «non-mobilisation» et la réticence de nombreux commerçants. C’est dans la dernière année que l’idée a vraiment décollé. «Il y a un nouveau sang, qui a permis d’aboutir à la création de la SDC», a-t-il mentionné. 

Malgré tout, certains sont encore réticents, n’y voyant au final qu’une taxe supplémentaire dont ils doivent s’acquitter. 

«Les commerçants qui sont là ne veulent pas tous rester à long terme. Certains sont là par défaut, parce qu’ils n’ont pas trouvé d’emploi à la hauteur de leur qualification, a expliqué M. Mimoun. Quelqu’un qui reste 2-3 ans n’a pas de projets à long terme. Il ne veut pas investir son temps et voit seulement le côté qu’on va augmenter les taxes.» 

Me Bentabbel est néanmoins optimiste qu’à terme, les plus réticents pourront se laisser convaincre. «Il y a du travail à faire, mais une SDC ne commence jamais avec une unanimité», a-t-il rappelé.