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Un discours délibérément vague

CANADA-POLITICS
Photo AFP La gouverneure générale du Canada, Mary Simon.

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Le discours du trône n’aura rien appris à personne.

Il est dans le meilleur cas prudent, et dans le moins bon des scénarios attentiste et peu inspiré.

Il est dans tous les cas délibérément vague. 

Politiquement, ce discours du trône, censé tracer les grandes orientations du gouvernement Trudeau, réussit dans la mesure où il ne rebute pas grand monde. 

Aussitôt prononcé, aussitôt oublié.  

Appui du Bloc

Le texte aura la faveur du Bloc Québécois, qui a choisi d’éviter tout psychodrame inutile en annonçant son appui sur-le-champ.

« C’est tellement vague, que c’est dur d’avoir une opinion sur cette vacuité » a affirmé Yves-François Blanchet pour expliquer son appui. 

Voyez ceci, sur les soins de santé : « Le gouvernement travaillera avec les provinces et les territoires pour obtenir des résultats qui répondent aux besoins des Canadiens », a lu la gouverneure générale Mary Simon.

Qui peut être contre la vertu ? 

Y aura-t-il une hausse des transferts, avec ou sans condition ? Il faudra attendre pour le savoir. 

Des pistes

La superficialité du texte sur certains sujets clés peut laisser songeur, comme sur l’économie, l’inflation galopante et le coût de la vie.

Contrer l’inflation en recyclant des promesses sur le logement et les garderies subventionnées ? 

On aurait pu s’attendre à plus d’un discours dont le titre a pour mention de « bâtir une économie résiliente ».

Pas un mot, non plus, sur la dette et les finances publiques, un sujet que n’affectionne pas particulièrement le premier ministre, on le sait.

Il y a quand même quelques pistes à retenir à travers les nombreuses banalités.  

Sur la lutte à la violence armée, le gouvernement signale qu’il n’ira pas plus loin que ce qu’il a promis en campagne électorale, malgré les demandes de Valérie Plante. 

On sent que Mary Simon, en tant que première personne autochtone à occuper la fonction, prend son rôle au sérieux. 

La reconnaissance solennelle de territoires autochtones n’est pas que symbolique, a-t-elle tenu à affirmer. « Elle fait partie de notre véritable histoire. »

Les libéraux avaient surpris en campagne électorale en avouant être à la recherche de grandes idées. 

À la lumière du discours du trône, il semble que leur réflexion n’est pas encore terminée.