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Un Québécois au cœur du développement des Pirates

Frédérick Rioux renouera cette année avec sa plus grande passion

Frédérick Rioux
Photo courtoisie Frédérick Rioux se trouve présentement à El Toro, en République dominicaine. Dans l’un des complexes d’entraînement des Pirates de Pittsburgh, il travaille de près au développement de jeunes espoirs de l’organisation, âgés de 17 à 22 ans.

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Au cœur de la reconstruction des Pirates de Pittsburgh, un Québécois travaillera cette saison à faire progresser les espoirs de l’équipe. Frédérick Rioux, dans un rôle d’assistant au développement des joueurs, occupera des fonctions qu’il a déjà remplies depuis le début de sa folle aventure dans le baseball majeur, et qui le passionnent.

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« Du développement des joueurs, j’en ai fait un peu avec les Mariners de Seattle, et ça m’a toujours tenu à cœur parce que tu as vraiment la chance d’avoir un impact sur ces joueurs-là », explique Rioux, 30 ans. 

Comme celle des Québécois qui, avant lui, ont gravi les échelons du baseball majeur, l’histoire de Frédérick Rioux en est une de résilience et de détermination. 

L’an dernier, la pandémie lui a fait perdre son poste avec les Mariners, organisation pour laquelle il travaillait depuis 2018. Il ne s’est pas laissé abattre et a fait appel à différentes personnes rencontrées depuis qu’il œuvre dans la MLB. 

Car si l’univers du baseball majeur peut sembler vaste, c’est plutôt un petit monde, explique Rioux. 

« Tout le monde se connaît, c’est facile – et important – de tisser de liens avec des gens des autres équipes », pointe le natif de Trois-Pistoles. 

Des plans personnalisés

C’est en renouant avec des contacts qu’il s’était faits chez les Pirates que Rioux a réussi à obtenir un poste au sein de l’organisation. L’an dernier, il s’occupait de la vidéo et des statistiques avancées avec leur club-école du niveau AAA, les Indians d’Indianapolis. 

« J’ai eu une rencontre avec les dirigeants à la fin de la saison et ils ont bien aimé le travail que j’ai fait à Indianapolis, raconte Rioux. Ils m’ont dit qu’ils aimeraient me voir dans [le rôle d’assistant au développement des joueurs] cette année. »

Depuis Bradenton, en Floride, Rioux travaillera donc avec les athlètes des niveaux AA, AAA et mêmes des majeures. Il sera appelé à collecter et à analyser les données sur les joueurs, afin de développer des plans personnels pour les aider à passer au niveau supérieur.

Gratifiant et stressant

Et il est gratifiant, ce rôle. Notamment au niveau AAA, où Rioux travaille de près, en collaboration avec ses collègues, avec des recrues qui espèrent faire le saut dans le grand club ou encore, avec des joueurs qui ont déjà goûté à l’expérience du baseball majeur et qui aspirent à y retourner.

« Cette année, on avait le lanceur Max Kranick qui restait deux semaines avec nous, qui partait deux semaines dans les majeures, et qui revenait après, explique le Québécois. Quand tu ouvres la télé, que tu le vois à ESPN et qu’il performe bien, c’est le fun pour toute notre équipe. »

Pour bien guider les joueurs, Rioux travaille avec différentes technologies. Il a aussi appris l’espagnol, ce qui le sert bien présentement, alors qu’il se trouve en République dominicaine pour travailler auprès de jeunes espoirs de l’organisation. 

Une passion de longue date  

Elle remonte à loin, la passion de Frédérick Rioux pour le baseball. Ex-porte-couleurs des Diamants de Québec dans la Ligue de baseball junior élite, Rioux a toutefois fait bifurquer sa carrière avant de renouer avec ses premières amours. 

« J’ai une technique en architecture, raconte Rioux. J’ai travaillé deux ans à Québec là-dedans. Durant le deuxième été, Derek Aucoin avait dit à notre coach [des Diamants] qu’il cherchait des joueurs pour être entraîneur à son camp. J’avais donné mon nom, notamment parce que je n’avais jamais rencontré Derek et qu’il avait joué pour les Expos. »

Rioux a travaillé comme entraîneur, puis est resté en contact avec Aucoin, une fois l’été terminé. C’était à l’époque où l’ancien lanceur donnait des camps au Yankee Stadium, à New York. Rioux l’y a accompagné. Et ce fut le coup de foudre. 

« Après les camps, j’ai démarré ma propre académie dans ma région du Bas-St-Laurent, explique-t-il. Puis, je me suis demandé comment je pourrais faire carrière dans le baseball majeur. »

Agostino, le mentor

Le Pistolois était conscient qu’il devait notamment perfectionner son anglais s’il voulait réaliser son rêve. Il s’est donc inscrit en gestion du sport à l’Université Brock, à St. Catharines, en Ontario. 

Il a joué au sein de l’équipe de baseball et a proposé ses services aux Blue Jays de Toronto pour être recruteur sur une base volontaire. 

De fil en aiguille, il a tissé des liens avec des gens impliqués dans le baseball majeur. Dont son compatriote Alex Agostino, dépisteur chez les Phillies de Philadelphie, qu’il considère aujourd’hui comme « un mentor ». 

« Agostino m’a dit que si le recrutement m’intéressait toujours, il pourrait m’embaucher à temps partiel, explique Rioux. Il avait besoin d’aide pour couvrir les événements en Ontario. »

Avec les Mariners

Après un an avec les Phillies, son diplôme universitaire en poche, Rioux a voulu se trouver un stage rémunéré au sein d’une organisation, avec comme but ultime d’obtenir un poste à temps plein. 

« J’ai envoyé des courriels à tout le monde que j’avais rencontré au cours des dernières années. Et je me suis présenté aux assises d’hiver à Orlando où j’ai rencontré sept ou huit équipes. Et finalement, c’est avec les Mariners que ç’a cliqué. »

Mais après trois ans avec les Mariners, la COVID-19 est venue lui arracher son rêve. Temporairement, du moins. Car comme il le fait depuis le début de sa carrière, Frédérick Rioux s’est retroussé les manches pour poursuivre sa folle aventure dans le baseball majeur.

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