/news/currentevents
Navigation

Enlèvement: le ravisseur n’avait pas masqué son numéro

GEN - CORA TSOUFLIDOU
Photos d'archives, Martin Alarie Cora Mussely Tsouflidou et son fils Nicholas Tsouflidis, au palais de justice de Laval lundi, dans le cadre du procès d’un ex-franchisé, Paul Zaidan (en mortaise), accusé d’avoir joué un rôle dans l’enlèvement du président de la chaine de restaurant.

Coup d'oeil sur cet article

Le ravisseur à la voix menaçante, qui a appelé deux fois sur le cellulaire de la fondatrice de la chaîne Cora pour lui demander une rançon de 11 M$ le soir où son fils a été enlevé, n’a pas cru bon de masquer son numéro de téléphone. 

• À lire aussi: Enlèvement de son fils: une nuit terrifiante pour la fondatrice de la chaîne Cora

C’est ce qu’a expliqué au jury Jean-François Hébert, policier à la Sûreté du Québec, qui s’est rendu chez Cora Mussely Tsouflidou afin qu’elle entre en contact avec les enquêteurs la nuit où Nicholas Tsouflidis a été enlevé.

« Tout de suite, on a pris en note le numéro de téléphone et j’ai appelé l’enquêteur pour lui donner », a dit M. Hébert en racontant l’appel. 

Ainsi, le ravisseur n’avait pas encore passé son deuxième coup de fil à Mme Tsouflidou, pendant lequel il lui a ordonné de ne pas contacter les policiers, que les autorités étaient déjà sur sa trace.

Rappelons qu’un ex-franchisé, Paul Zaidan, subit son procès en lien avec cet enlèvement survenu le 8 mars 2017. Une adresse courriel qui figurait sur la lettre de rançon retrouvée chez Nicholas Tsouflidis a permis de remonter jusqu’à l’accusé, selon la théorie de la Couronne. 

Cora vivement questionnée

Plus tôt dans la journée aujourd'hui, Cora Tsouflidou a été vivement questionnée, en contre-interrogatoire, sur un montant de 50 000 $ qu’elle aurait versé à son fils aîné Theoharis Tsouflidis environ une semaine avant le kidnapping.

Le ton est devenu acrimonieux entre les deux à un point tel que le juge François Dadour de la Cour supérieure est intervenu à plusieurs reprises pour rétablir le calme dans la salle de cour. 

Maintes fois, la femme d’affaires de 74 ans a répondu ne pas s’en souvenir. D’autant plus qu’elle avait un différend avec son fils aîné, car il avait des problèmes de consommation de drogue et qu’il quémandait souvent de l’argent.

Pour lui rafraîchir la mémoire, Me Christopher Lerhe-Mediati a exhibé deux rapports, datant de mars et mai 2017, rédigés par des enquêteurs à qui elle a mentionné avoir fait ce virement.

Coup monté

La défense semble s’intéresser particulièrement à ce montant, car lors de son témoignage, M. Tsouflidis a rapporté que ses ravisseurs lui ont mentionné qu’ils auraient été payés 50 000 $ pour l’enlever.

« Vous avez tout fait pour que votre frère Theoharis soit le suspect, n’est-ce pas ? », avait suggéré à la victime de l’enlèvement, Me Hovsep Dadaghalian, qui représente l’accusé. 

Selon la défense, le kidnapping du président des restaurants Cora est un coup monté servant à tasser son frère aîné, qui voulait un emploi au sein de l’entreprise familiale.