/finance/business
Navigation

Vendredi fou: la chasse aux aubaines devient un marathon

Les soldes ont commencé encore plus tôt cette année

Claude Leblanc
Photos Francis Halin Claude Leblanc (à gauche) et Michel Borduas aux Promenades Saint-Bruno, hier matin, pour profiter des soldes du Vendredi fou..

Coup d'oeil sur cet article

Ça fait plus de 10 jours qu’on est vendredi, si on se fie aux publicités et à nos boîtes courriel. Dans le commerce de détail, les soldes du Vendredi fou commencent un peu plus tôt chaque année, signe que le secteur est en crise et se cherche.

• À lire aussi: Vendredi fou: les achats en ligne pourraient bondir encore

• À lire aussi: Quelques astuces pour se préparer financièrement au Vendredi fou?

• À lire aussi: Vendredi fou, Cyberlundi et Fêtes: des rabais un peu moins fous

« Ça n’a jamais commencé aussi tôt », constate Fabien Durif, professeur au Département de marketing de l’UQAM. 

Chez Canadian Tire, par exemple, c’est la fin de la « semaine 2 » des « aubaines d’avant le Vendredi fou » aujourd’hui. 

« C’est une tendance qu’on observe depuis plusieurs années, mais c’est vrai que c’est encore un peu plus prononcé cette année », confirme JoAnne Labrecque, professeure de marketing à HEC Montréal.

Les commerçants qui font de la publicité autant en avance « pensent certainement que ça va être un peu plus complexe de séduire les consommateurs », ajoute Fabien Durif. 

Ce prof est aussi directeur de l’Observatoire de la consommation responsable, qui vient de publier son baromètre annuel. Le constat, en 2021 : les habitudes de consommation sont assez contradictoires. 

Un mouvement qui se cherche

D’un côté, l’inflation est forte et le critère du prix devient encore plus important. De l’autre, les consommateurs ont de plus en plus d’aspirations écoresponsables et veulent que les détaillants fournissent des efforts. 

« Ça devient très compliqué », lance M. Durif. 

Une chose est sûre, pour lui : le fait que le Vendredi fou s’étale chaque année un peu plus dans le temps est signe que « le mouvement s’essouffle et se cherche ». 

« On va devoir y coller l’achat local ou le vendredi vert, par exemple, car le commerce de détail souffre, on le voit dans toutes les études », dit encore le professeur. 

Pendant ce temps, aux Promenades Saint-Bruno, un centre commercial de la banlieue de Montréal, on ne sentait pas encore, hier matin, la frénésie à l’approche du Vendredi fou. 

Comme tout le monde, Michel Borduas, un travailleur de la construction, ne dit pas non aux « spéciaux ».

« Je vais faire le tour une couple de fois pour cibler ce qui m’intéresse cette année », a-t-il lancé quand nous l’avons croisé dès l’ouverture des magasins. 

Quelques pas plus loin, un père de famille dont le garçon avait besoin de bottes avait été attiré par un rabais de 50 % sur quelques paires sélectionnées. Malheureusement pour lui, toutes celles de la bonne taille étaient vendues. 

« Le Vendredi fou n’a pas d’importance, je ne vais pas me créer de besoins », nous a dit Claude Leblanc, un auxiliaire en santé et services sociaux, avant de rebrousser chemin, les mains vides. 

Avec Francis Halin

À voir aussi