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Absence totale de leadership

SPO-D�VOILEMENT DE LA TOUR 3 DES CANADIENS
Photo d'archives, Agence QMI Le président du Canadien Geoff Molson doit sortir de son silence avec un nouveau plan d’affaires. Aussi, il doit régler le dossier de son directeur-général Marc Bergevin rapidement.

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Toute grande entreprise ne tolère jamais les ambiguïtés. Elle ne laissera pas un décideur gérer le quotidien avec des pouvoirs amenuisés par des conditions de travail laissant entrevoir son départ pratiquement assuré. 

On a beau répéter que les affaires se déroulent comme à l’habitude, c’est faux. Si l’actionnaire majoritaire ne semble pas intéressé à retenir les services de Marc Bergevin, alors qu’il voit à modifier son organigramme.

Cependant, la situation est beaucoup plus complexe.

Le directeur général du Canadien ne quittera pas son poste à moins qu’on décide, subitement, de rompre une association de près de 10 ans. Les actionnaires du CH devront toutefois respecter l’engagement monétaire stipulé dans le contrat. Entre-temps, Bergevin continuera à gérer le secteur hockey malgré une situation intenable.

L’actionnaire majoritaire, Geoff Molson, doit sortir de son silence avec un nouveau modèle d’affaires. La débandade actuelle du Canadien révèle une absence totale de leadership de sa part qui se reflète jusqu’au niveau de la surface de jeu par un rendement absolument inacceptable.

Les questions 

  • Peut-on laisser l’équipe s’empêtrer dans un bourbier de plus en plus profond ? 
  • Va-t-on résoudre le dossier Bergevin une fois pour toutes ?   
  • Quelle direction entend-on prendre ?   
  • Est-on en faveur d’une restructuration complète ou va-t-on continuer à appliquer le système où l’on colmate les brèches sans parvenir toutefois à monter une structure capable de maintenir des standards élevés ? 
  • Dans l’euphorie du printemps dernier, nous avons tous été éblouis par les performances d’une formation affrontant l’adversité avec une force de caractère qu’on ne lui connaissait pas. Mais la réalité frappe. Cette équipe du printemps ne parvient plus à s’imposer sans doute en raison de l’absence de joueurs d’impact, mais est-ce l’unique raison des déboires répétés du Canadien ? Absolument pas. 
  • Ce qui entraîne inévitablement la question : Dominique Ducharme est-il l’homme de la situation ? Avant de l’amener dans la boîte des accusés, peut-on reconnaître qu’il n’a toujours pas profité d’un climat de travail approprié : la COVID-19, la perte de Carey Price, le départ de Shea Weber, l’absence prolongée de Joel Edmundson, Corey Perry qui s’en va à Tampa, ce même Perry qui a déclaré que Ducharme était un entraîneur très talentueux.   
  • Au sujet des patineurs affirmant qu’ils ont de la difficulté à s’adapter à un système très complexe, pourquoi le refrain était-il si différent le printemps dernier ? Chacun des joueurs de cette équipe ne devrait-il pas se regarder dans un miroir ? 
  • Doit-on s’attarder à ce bon vieux cliché : on ne peut pas congédier 20 joueurs. Peut-être pas. Mais congédier un entraîneur est parfois donner l’absolution sans confession à un groupe ne respectant pas les responsabilités attachées à un contrat de travail.  

Le rôle des actionnaires

Les actionnaires du Canadien devront éventuellement rendre des comptes à leur clientèle et faire connaître ce qu’ils entendent faire pour les prochaines années.

Quand une société entretient des doutes sur la gestion de son « homme de confiance », habituellement, elle prend les mesures qui s’imposent pour s’assurer qu’il y a un modèle d’affaires qu’on a étudié et adopté pour assurer le bon fonctionnement des activités.

Le Canadien ne vend pas des produits, il vend un spectacle. Il doit s’assurer que les amateurs seront comblés en tout temps... ce qui est loin d’être le cas présentement.

Ou bien les actionnaires décident que le moment est choisi, devant la tournure des événements, de procéder à un virage important et que, par conséquent, une reconstruction doit être envisagée. Ou encore, les actionnaires préfèrent continuer dans la philosophie actuelle, c’est-à-dire chercher à améliorer l’équipe via les transactions et le marché des joueurs autonomes.

Cependant, quand l’organisation occupe le deuxième rang de la Ligue nationale avec des engagements monétaires de plus de 90 M$ et qu’elle occupe les bas-fonds du classement général, l’équation, forcément, ne correspond pas.

Pour remédier à la situation, que faut-il faire ?

Un problème majeur

Les actionnaires sont confrontés à un problème majeur. Pour embaucher un nouveau directeur général, peut-on trouver un candidat capable de composer dans le contexte d’un marché comme Montréal, de s’imposer au milieu d’une saison, d’analyser les effectifs en un temps record, et de préparer une série de changements majeurs ?

Un nouveau directeur général devra assurément sabrer les effectifs afin d’amenuiser la masse salariale. Il devra également prendre une décision relativement à l’avenir de son entraîneur. Il aura à remplacer quelques membres de sa garde rapprochée. 

Toutefois, une qualification aux séries éliminatoires demeurerait impensable. Et ces changements administratifs, dans le meilleur des scénarios, on préfère toujours attendre à l’entre-saison pour passer aux actes.

Parce qu’il y a d’autres priorités, des dossiers importants, notamment celui de Carey Price, celui de Jordan Harris – signera-t-il avec le Canadien et optera-t-il pour l’autonomie complète le 15 août prochain ? –, celui de Brendan Gallagher et son imposant contrat. 

Quelle décision prendra-t-il au sujet de Ben Chiarot, joueur autonome sans restriction à la fin de la saison ?

La question : qui doit composer avec ces dossiers ?

Marc Bergevin ?

Ou encore, un nouveau directeur général ?

Les dernières séries éliminatoires ont probablement modifié la donne. Si le Canadien, spécule-t-on, avait été écarté rapidement par les Maple Leafs de Toronto, Geoff Molson et son groupe auraient possiblement modifié l’organigramme.

Et comme, en début de saison, on a décidé de ne prendre aucune action dans le dossier du directeur général, autant aller jusqu’à la fin de son entente sachant très bien que Marc Bergevin fera son boulot avec le professionnalisme qu’on lui connaît. 

Kristopher Letang : un incontournable  

Kristopher Letang ne détesterait pas terminer sa carrière dans le même uniforme que Ryan Poehling.
Photo d'archives, AFP
Kristopher Letang ne détesterait pas terminer sa carrière dans le même uniforme que Ryan Poehling.

D’accord, il a pris de l’âge, mais il demeure un incontournable.

Kristopher Letang ne cache pas que la possibilité de jouer pour le Canadien demeure une option intéressante.

Il racontait récemment à Renaud Lavoie que les Penguins de Pittsburgh demeurent sa principale priorité, mais il aura toujours l’occasion de tester le marché des joueurs autonomes sans compensation.

Et à 35 ans, il ne semble pas avoir perdu de son efficacité étant toujours le défenseur le plus fiable de son équipe. Ne joue-t-il pas près de 27 minutes par match ?

Quand une formation comme le Canadien a d’importantes décisions à prendre, quand elle devra remplacer quelques effectifs à la ligne bleue, le nom de Letang a de quoi attirer l’attention.

Un atout

On ignore toujours si les propriétaires décideront de faire un virage important et d’opter pour des changements au niveau des effectifs, comme l’ont fait les Rangers de New York, il y a quelques années.

Il y a aussi deux joueurs de centre à considérer. Oublions Patrice Bergeron qui, assurément, terminera sa carrière avec les Bruins de Boston.

Tomas Hertl, des Sharks de San Jose, 28 ans, aura l’embarras du choix si jamais il décide de se prévaloir de son statut de joueur autonome sans compensation.

Un joueur de centre de premier plan, il possède un solide gabarit et il peut occuper le rang de premier joueur de centre chez plusieurs formations.

Il y a aussi Nazem Kadri.

Pendant l’absence de Nathan MacKinnon, il s’est avéré un joueur d’impact pour l’Avalanche du Colorado. Cependant, on connaît son caractère et il y aura sûrement des équipes qui vont miser sur la prudence.

Par contre, on ne peut nier que Kadri est un centre qui peut donner un peu plus de lustre à l’attaque d’une formation.

Un marché des joueurs autonomes très attrayant peut parfois aider à amorcer un programme de reconstruction et apporter des résultats concluants plus rapidement. 

Un miracle pour le CH ?  

Un électrochoc sauverait-il la saison du Canadien ?

Certes, il y aurait sûrement des réactions dans le vestiaire, possiblement au niveau de la surface de jeu.

Sauver la saison ? Il faudrait un miracle pour que le CH obtienne une qualification pour les séries éliminatoires.

L’Action de grâce

Dans la tradition du hockey, on rapporte chaque saison, lors du week-end de l’Action de grâce aux États-Unis, que les équipes accusant un retard de quatre points dans la course pour une place dans les séries éliminatoires, dans 78 % des cas, elles n’atteindront pas l’objectif.

Avant les matchs de ce soir, le Tricolore totalisait 12 points alors que les Penguins occupaient le dernier rang des équipes repêchées avec une fiche de 22 points.

Relancer la concession

Peut-on toujours y croire ?

Est-ce qu’un changement au niveau des effectifs relancerait la saison du Tricolore ?

Peut-être, mais à la condition qu’une transaction améliorerait l’équipe et que le Canadien y trouverait l’occasion d’amenuiser la masse salariale. Peut-être que les Canucks de Vancouver représentent une cible intéressante.

Entre-temps, pourquoi procéder à un changement quand Joel Edmundson s’apprête à renouer avec la compétition et que Paul Byron n’est pas loin d’un retour ?

Et il y a toujours Carey Price ?

Un changement d’entraîneur ? Dominique Ducharme est-il vraiment le grand responsable de la présente situation ?

J’en doute.