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Fin de semaine cruciale pour la cheffe Dominique Anglade

La libérale veut sauver son leadership et faire rêver ses militants durant le congrès

La cheffe libérale Dominique Anglade
Photo d'archives La cheffe libérale Dominique Anglade

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Critiquée par des membres du parti depuis plusieurs semaines, Dominique Anglade veut sauver la mise en ouverture de son premier congrès. À moins d’un an des élections, la cheffe clamera qu’elle représente les valeurs libérales : celles des grands projets sociaux et économiques. 

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C’est le message qu’elle lancera devant ses militants durant son discours d’ouverture, vendredi soir, selon les informations obtenues par notre Bureau parlementaire. 

La cheffe, qui fait face à de nombreuses critiques au sein mêmes des troupes libérales, croit qu’elle pourra rallier et satisfaire ceux qui estiment qu’elle s’est éloignée des valeurs historiques du PLQ. 

Elle martèlera d’ailleurs que le Parti libéral du Québec n’est pas seulement le parti de l’économie, mais surtout celui des grands changements sociaux et économiques, comme l’hydroélectricité et l’assurance maladie. 

Elle veut rapidement faire rêver les militants afin d’alimenter les discussions durant tout le week-end.  

  • Écoutez la rencontre entre Philippe-Vincent Foisy, Antoine Robitaille et Benoit Dutrizac sur QUB radio :  

Environnement et fédéralisme

Pour prendre son élan, le PLQ de Dominique Anglade veut mettre l’économie au service de l’environnement. Elle parlera de son désir de fusionner « économie et écologie ». 

Elle expliquera qu’il faut avoir de l’ambition sur les deux fronts. Avec ce message, elle espère se distinguer de Québec solidaire et du gouvernement de la CAQ. 

Durant le week-end, les militants entendront beaucoup parler de fédéralisme. Elle parlera de la place du Québec dans la confédération et dans le monde. 

D’ici l’élection, Mme Anglade tentera de devenir l’option « progressif fédéraliste ».

Elle voudra aussi continuer de s’éloigner de l’ère Charest et Couillard.

La pénurie de main-d’œuvre sera l’un des principaux enjeux du PLQ. 

Le parti veut hausser les seuils d’immigration pour ensuite les ajuster en fonction du besoin de main-d’œuvre « tout en tenant compte de la capacité d’intégration du Québec. »

Nouvelle image

L’entourage de Mme Anglade travaille également à changer l’image de la cheffe afin de casser son moule « d’ingénieur » qui donne « trop » de détails. Son style vestimentaire a notamment déjà été modifié. 

De plus, elle ne lit plus ses notes durant les points de presse. Ceux-ci sont déjà beaucoup plus courts qu’à la dernière session parlementaire et misent simplement sur quelques lignes fortes sur un seul sujet.

  • Écoutez la rencontre des analystes politiques Elsie Lefebvre et Marc-André Leclerc sur QUB radio

Des propositions « à gauche » du PLQ   

  • Élargir la couverture d’assurance maladie et étudier la possibilité d’y inclure les soins dentaires, oculaires et auditifs ainsi que la psychothérapie et la physiothérapie.      
  • Offrir la gratuité des services de garde du dîner dans les écoles.     
  • Exiger le retrait des énergies fossiles des investissements sous gestion de l’État et de ses organismes, comme la Caisse de dépôt et Investissement Québec.     
  • Réforme environnementale du code du bâtiment. Puis, proposer un programme de « rénovation profonde ».           

D’ex-élus du Parti libéral dénoncent le virage à gauche  

La cheffe Dominique Anglade ne possède pas les valeurs libérales, dénoncent d’anciens élus qui ne se retrouvent pas dans son virage à gauche.

« Le cœur à gauche et la tête à droite. C’est ça les valeurs libérales, tout comme l’appartenance au Canada, l’économie et la liberté individuelle », a plaidé un ex-ministre libéral. 

Pour le moment les valeurs de Mme Anglade « ce n’est rien », a-t-il durement affirmé.

L’ex-élu est toutefois impatient d’entendre « sa vision » pour le Québec lors du congrès qui commence vendredi soir. « Pour le moment, je ne sais pas où elle s’en va. »

Vers une pâle copie de QS

D’ex-ministres et élus libéraux se sont confiés à notre Bureau parlementaire. Ils ont toutefois réclamé l’anonymat.

Ils craignent que « leur parti » devienne une pâle copie de Québec solidaire. La « nouvelle vision économique libérale » en rebute plusieurs. « Je ne reconnais pas mon PLQ », a lancé un ex-député. 

« Ce n’est pas ça l’avenir », a affirmé un autre. « À gauche pour faire concurrence à QS, ce n’est pas ça notre marque. On est dans le centre droite et un peu centre gauche. Le Parti libéral, c’est le parti de l’économie », décrit un autre. 

De fidèles libéraux ont même récemment critiqué publiquement l’absence des valeurs libérales au sein des troupes actuelles. 

Mercredi, le fils de l’ancien premier ministre Jean Charest, Antoine Dionne Charest, a soutenu dans une lettre publiée dans La Presse que l’identité du PLQ est ambiguë.

Au début du mois de novembre, l’ex-sénateur libéral André Pratte affirmait dans les pages du magazine L’Actualité que le PLQ était à la dérive en raison d’un manque de cohérence. 

Trop tôt 

Pour certains ex, il est cependant trop tôt pour juger. L’absence de programme, de plan économique et d’équipe ne l’aide pas.

Idem pour la pandémie qui a permis au gouvernement de monopoliser l’espace public.  

Même si le gouvernement de la CAQ a réussi à s’approprier l’économie, ils estiment que le PLQ doit réussir à regagner ce terrain.

« Ça prend un programme crédible », note l’un d’eux. « Au congrès, c’est là qu’on va savoir. »

— Avec la collaboration de Geneviève Lajoie et Antoine Robitaille

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