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«Mauvaise baise ou porno barjo»: sexe et absurdité

«Mauvaise baise ou porno barjo»: sexe et absurdité
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Quoi de mieux que du porno pour démontrer l’absurdité de la société contemporaine?

Récipiendaire de l’Ours d’or à la Berlinale, «Mauvaise baise ou porno barjo» s’ouvre sur un couple en train de se filmer en plein acte sexuel (oui, c’est graphique et c’est le but, le film est d’ailleurs interdit aux moins de 18 ans), incluant une interruption par la belle-mère de l’un des protagonistes.

Mais voilà, ce porno maison est mis en ligne par Eugen, l’époux d’Emi Cilibiu (Katia Pascariu) qui a le malheur d’être professeure dans une école. Alors qu’elle s’inquiète des retombées de la vidéo devenue virale sur son emploi, elle parcourt les rues de Budapest, le cinéaste Radu Jude en profitant pour se livrer à un examen, qui n’a rien de complaisant, de la société en pleine pandémie.

Une espèce d’interlude présentant des définitions de mots coupe le long métrage en deux, la suite de l’histoire d’Emi se concluant par une rencontre entre la professeure et les parents d’élèves outrés avant que Radu Jude propose trois fins possibles à cette histoire somme toute banale.

Satire mordante, «Mauvaise baise ou porno barjo» n’épargne personne pendant 106 minutes. Radu Jude filme les passants de Bucarest dans toute leur violence quotidienne (piétons contre automobilistes, cliente d’un supermarché criant après quelqu’un qui ralentit la caissière, etc.), établissant souvent le parallèle avec les gigantesques publicités qui tapissent les murs de la capitale de la Roumanie. L’intermède est, lui, tout aussi – sinon plus – mordant, le cinéaste en profitant pour faire éclater l’absurdité, la cruauté et l’hypocrisie de la société moderne, non sans rappeler au détour de brèves vignettes, la brutalité du régime Ceausescu.

La troisième partie du long métrage, consacrée en totalité à ce qu’il faut bien qualifier de procès d’Emi – on ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser aux procès staliniens –, parachève ce qui a été dit avant. On rit, certes jaune, et on profite d’un temps de réflexion après le visionnement pour se demander comment on peut laisser faire de tels déraillements politiques et sociaux. À voir. 

  • Note: 3,5 sur 5