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Un courriel aurait trahi l'accusé

Une adresse laissée sur la lettre de rançon serait liée à l’accusé dans le kidnapping du président de Cora

GEN - CORA TSOUFLIDOU
Photo Martin Alarie Cora Mussely Tsouflidou et son fils Nicholas Tsouflidis arrivent au palais de justice de Laval plus tôt cette semaine.

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Sur la lettre de rançon de 11 M$ demandée à la fondatrice de la chaîne Cora la nuit où son fils a été kidnappé figure une adresse courriel pouvant être liée à l’ex-franchisé accusé dans l’affaire de l’enlèvement, selon la théorie de la Couronne.

« Après chaque transfert, vous envoyez la preuve à oneweek@netcourrier.com », indique la lettre de rançon saisie chez le président des restaurants Cora, Nicholas Tsouflidis, kidnappé à son domicile de Mirabel le 8 mars 2017. 

La lettre de rançon sur deux pages, saisie par les policiers chez la victime.
Photos déposées en preuve au tribunal
La lettre de rançon sur deux pages, saisie par les policiers chez la victime.

L’enveloppe jaune qui contenait les instructions détaillées pour transférer 11 M$ US sur trois jours a été saisie sur l’îlot de cuisine, a détaillé au jury Simon Levasseur, technicien en scène de crime pour la Sûreté du Québec. 

C’est grâce à cette adresse courriel que les enquêteurs auraient été en mesure de remonter jusqu’à Paul Zaidan, selon la théorie que défend la Couronne. 

Rappelons que l’ex-franchisé de 52 ans subit présentement son procès au palais de justice de Laval. 

La maison à Mirabel où a été kidnappé le président de Cora en mars 2017.
Photo courtoisie
La maison à Mirabel où a été kidnappé le président de Cora en mars 2017.

Lié à une tablette Samsung 

« Deux adresses IP ont permis de retrouver un appareil s’étant connecté à [cette] adresse courriel, à savoir une tablette Samsung », avait expliqué Me Sarah Beaudry-Leclerc, qui fait équipe avec Me Karine Dalphond, lors de l’exposé d’ouverture.

Les témoignages d’enquêteurs en ce sens doivent être entendus la semaine prochaine.

La fameuse tablette a été achetée en février 2017 dans un Best Buy avec une carte de crédit appartenant à Zaidan, puis retournée le lendemain de l’enlèvement, entend démontrer la Couronne.

Jusqu’à présent, il avait été très peu question de l’accusé à son propre procès. 

En effet, un conflit familial avec l’aîné de la famille Tsouflidis a occupé la majeure partie des longs contre-interrogatoires menés par la défense. 

Plus tôt cette semaine, la mère de la victime, Cora Mussely Tsouflidou, a été vivement questionnée sur une déclaration faite à un enquêteur au lendemain de l’enlèvement. Au téléphone, elle lui aurait mentionné avoir donné 50 000 $ à son fils aîné Theoharis Tsouflidis « la semaine passée et que ce montant est une avance du 200 000 $ annuel. »

Une fois au tribunal, la femme d’affaires de 74 ans n’avait pas souvenir de ce virement, pas plus que les montants exacts qu’elle versait à ses enfants à cette époque en guise de cadeau. 

Pourtant, elle aurait aussi parlé du virement de 50 000 $ à un autre enquêteur, le 5 mai 2017. Ces deux rapports policiers ont été montrés au jury.

Paul Zaidan, accusé
Photo Martin Alarie
Paul Zaidan, accusé

Coup monté

La défense s’y intéresse vivement, car ce sont exactement les mêmes montants qui ont été mentionnés par les ravisseurs le soir de l’enlèvement. 

Ils ont dit à leur otage avoir été payés 50 000 $ pour l’enlever, a témoigné Nicholas Tsouflidis. 

Et ils auraient accusé la victime d’avoir « fourré quelqu’un » de 200 000 $. 

Selon la défense, l’enlèvement est un coup monté orchestré par Nicholas Tsouflidis servant à faire peser les soupçons sur son frère aîné Theoharis, qui a voulu un poste au siège social, et pour ultimement le tasser de l’entreprise.

En 2016, celui-ci s’est fait couper les vivres sporadiquement par sa mère en raison de problèmes de consommation.

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