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Que cache-t-il encore, Fitzgibbon?

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Photo Agence QMI, Roger Gagnon Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, la semaine dernière, à Saguenay.

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Encore lui ! Comme ça, secrètement, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, est intervenu en faveur de 10 entreprises qui ne répondaient pas aux critères d’admissibilité des prêts accordés par Investissement Québec (IQ) en vertu du Programme d’action concertée temporaire pour entreprises (PACTE).

• À lire aussi: Rapport de la vérificatrice: Fitzgibbon pressé de dévoiler la liste des 10 entreprises qu’il a favorisées

C’est la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, qui a révélé cette intervention « secrète » du ministre dans le cadre du PACTE.

Qui sont les 10 entreprises en question ? Le ministre Fitzgibbon refuse d’en dévoiler la liste.

Évidemment, même réponse de la part de la porte-parole d’Investissement Québec, Isabelle Fontaine : « Nous ne divulguons pas le nom des entreprises visées par les prêts auxquels réfère la vérificatrice générale, pour des raisons de confidentialité. »

Attention ! Le ministre Fitzgibbon, affirme-t-on, n’a rien fait de mal, car, selon une clause du guide de gestion interne du PACTE, le ministre « peut autoriser de l’aide à des entreprises qui ne respectent pas tous les critères d’admissibilité » du juteux programme de 2,5 milliards de dollars.

Alors, quel est le problème ? Ni le ministre Fitzgibbon, ni les membres de son ministère de l’Économie et de l’Innovation, ni la direction d’Investissement Québec n’ont pris la peine de communiquer publiquement l’existence de cette « clause du guide interne » qui donnait la possibilité aux entreprises de solliciter l’intervention du ministre si elles ne répondaient pas aux critères d’admissibilité.

  • Écoutez la chronique de Michel Girard au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB Radio:

MANQUE DE TRANSPARENCE

Comme manque de transparence, c’en est tout un, convenons-en. Et on est en droit de se demander : pourquoi a-t-on caché une clause aussi importante ? À tel point qu’elle a permis à 10 entreprises non admissibles au PACTE d’obtenir 68 millions $ de prêts.

En raison de ce manque évident de transparence relié à ladite clause et du refus du ministre Fiztgibbon de dévoiler la liste des 10 entreprises qui ont bénéficié de son intervention, le gouvernement de François Legault se retrouve dans l’embarras pour manque de transparence.

Je vais vous faire une prédiction. Plus le gouvernement Legault et son ministre Fitzgibbon vont tarder à dévoiler la mystérieuse liste des 10 entreprises qui ont bénéficié de l’intervention du ministre pour obtenir des prêts de 5 millions et plus alors qu’elles ne répondaient pas aux critères du PACTE, plus ils vont se caler dans l’embarras.

Non seulement ont-ils présentement à leurs trousses tous les partis de l’opposition, mais en plus, comptons sur les journalistes des grands médias pour enquêter sur le dossier.

COMBLE DU RIDICULE

Quel est le comble du ridicule de la part du ministre et du gouvernement caquiste ? Il faut savoir qu’ils ont publié la liste complète des entreprises qui ont reçu de l’aide financière de la part du PACTE, lequel programme est administré par Investissement Québec, le bras financier du ministère de l’Économie.

Sur l’ensemble des bénéficiaires du PACTE, il y a environ 33 entreprises qui ont obtenu des prêts de 5 millions $ et plus.

C’est donc dire que les 10 entreprises pour lesquelles le ministre Fitzgibbon est intervenu se trouvent forcément à l’intérieur de ce sélect groupe des 33 grands bénéficiaires du PACTE.

Ainsi en s’entêtant à ne pas dévoiler la liste des 10 sociétés pour lesquelles il est intervenu, le ministre Fitzgibbon pénalise forcément les 23 autres entreprises qui, elles, répondaient aux critères d’admissibilité du PACTE.

Pire encore : comme il s’agit d’une aide financière discrètement accordée en vertu d’une clause du PACTE non divulguée publiquement, cela soulève automatiquement des soupçons. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi les journalistes et les partis de l’opposition sont partis à la chasse des 10 entreprises bénéficiaires de l’intervention du ministre.

LA LISTE ?

En septembre 2020, mon collègue Sylvain Larocque avait dévoilé une première liste de 10 entreprises qui avaient obtenu des prêts de 10 millions $ et plus.

Parmi elles, figurait notamment le bijoutier Groupe Birks dont la fiducie Grande Rousse, domiciliée aux Bermudes, détient près de 76 % des actions.

Il y avait également le Groupe Lumenpulse, une entreprise dont Pierre Fitzgibbon a fait partie du conseil d’administration dans le passé.

Vous pouvez voir dans la photo la liste des entreprises qui ont obtenu des prêts allant de 5 à 11 millions $ de la part du PACTE et qui pourraient se trouver parmi les 10 compagnies bénéficiaires de l’aide du ministre Fitzgibbon en se partageant 68 millions de dollars. 

Prêts de 5 à 11 M$ du PACTE   

  • Groupe Birks : 10 M$  
  • Groupe Lumenpulse : 10 M$  
  • 9090-5092 Québec inc. : 8,75 M$  
  • 9313-8519, 9317-3771 : 5,6 M$   
  • ALBI le Géant : 7 M$  
  • Alimplus, Mayrand : 7 M$  
  • Alliance Magnésium : 11 M$  
  • Chrono Aviation : 5 M$  
  • Groupe Germain : 10,5 M$  
  • Hôtel R.C.M : 9,5 M$  
  • La Renaissance des Îles : 6,96 M$  
  • Les Entreprises Vivre en Forme : 5 M$  
  • Modes Moose : 7 M$  
  • Supermétal Structures : 10 M$