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Des images troublantes à Québec

Deux arrestations ont suscité de vives réactions et une enquête interne du Service de police de Québec

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Le Service de police de la Ville de Québec a lancé une enquête interne, samedi, après qu’une vidéo de l’arrestation d’un jeune Noir de 18 ans a été publiée sur les réseaux sociaux. On y voit notamment un policier écraser le visage de l’ado en plus de lui balayer de la neige en plein visage avec un coup de pied. 

La vidéo s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux samedi. On aperçoit des policiers du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) procéder à l’arrestation d’un jeune et lui envoyer de la neige au visage avec le pied. On y dénonce le geste d’ordre « raciste » et on y lit « Ce sont des enfants ». 

  • Écoutez l'entrevue de la présidente de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec, Martine Fortier, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

 

La vidéo a été publiée sur le compte de l’humoriste et militant antiraciste Renzel Dashington. Il affirme qu’un autre garçon et une fille ont aussi été arrêtés.

Lors de l’arrestation de cette dernière, elle est traînée au sol, notamment par les cheveux, puis soulevée par deux agents avant d’être plaquée contre le sol, en appuyant sa tête face contre terre dans la neige. 

Durant la vidéo, on entend les proches des jeunes réagir fermement. Inconsolable, une femme ne peut s’empêcher de pleurer alors que les policiers poursuivent leur travail.

« Dégueulasse »

Plusieurs internautes ont réagi à la séquence, visiblement choqués. « C’est vraiment dégueulasse. Je ne comprends pas comment on peut traiter un être humain ainsi », a-t-on notamment pu lire dans les nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.  

Une autre séquence liée au même événement montrait une jeune fille se faire arrêter, le visage fortement appuyé contre le sol enneigé.

L’événement se serait produit dans la nuit du 26 au 27 novembre, près du Dagobert sur Grande Allée. 

« Assommé »

Un proche du jeune homme a fortement réagi sur les réseaux sociaux. Il a accepté de livrer ses commentaires au Journal.  

« Quand j’ai vu ça cette vidéo-là, j’étais assommé complètement. Ce n’est pas un petit gars qui est violent. Il est super gentil, il est relax. Même dans la vidéo, il ne fait rien, il ne se débat pas. », s’indigne Éric Martel-Bahoéli, qui le côtoie régulièrement, comme entraîneur de boxe. 

Dans la vidéo, on aperçoit une jeune fille traînée au sol, notamment par les cheveux, puis soulevée par deux policiers avant de la plaquer contre le sol, en appuyant sa tête face contre terre dans la neige. On voit également deux agents procèdent à l’arrestation d’un jeune homme. L’un des policiers prend sa botte pour envoyer délibérément de la neige dans le visage du jeune.
Capture d'écran, Instagram
Dans la vidéo, on aperçoit une jeune fille traînée au sol, notamment par les cheveux, puis soulevée par deux policiers avant de la plaquer contre le sol, en appuyant sa tête face contre terre dans la neige. On voit également deux agents procèdent à l’arrestation d’un jeune homme. L’un des policiers prend sa botte pour envoyer délibérément de la neige dans le visage du jeune.

Le jeune homme arrêté est Pacifique Niyokwizera, 18 ans. Il s’est réfugié de l’Ouganda, en Afrique de l’Est, selon l’ex-boxeur. 

Un geste « inadmissible » 

« Dans ce cas-ci, c’est juste rajouter de l’huile sur le feu. On est dans un climat où les jeunes noirs immigrants ont déjà un peu — avec tout ce qui s’est passé aux États-Unis — une crainte face à la police », poursuit M. Martel-Bahoéli. 

Le Journal a contacté le SPVQ pour obtenir des commentaires en après-midi. Samedi, les policiers n’ont alors pas voulu commenter. Après notre requête, un communiqué a été rendu public en soirée. 

« Pour le moment, le module des normes professionnelles en est à l’étape d’identifier le ou les policiers impliqués. Les mesures seront déterminées dès que l’analyse de la preuve sera complétée », a expliqué l’agente aux communications Marie-Pier Rivard, dans le communiqué de presse.

Pour sa part, le maire de Québec, Bruno Marchand, s’est montré préoccupé par les images diffusées. « Je suis troublé par les images qui circulent sur le web en regard d’une intervention policière du SPVQ. La lumière sera faite sur ces événements », assure-t-il.