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Omicron: on récolte ce qu’on a semé

Coronavirus COVID-19 floating China pathogen. Template.
Illustration Adobe Stock

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Omicron ! Le dernier variant de la Covid à faire trembler la planète a même un nom digne d’une série de science-fiction.

Or ce n’est pas un astéroïde de Star Trek. C’est la dure réalité qui nous rattrape, collectivement, tel un boomerang venu venger nos bonnes intentions abandonnées.

Nous avions pourtant été avertis : la pandémie ne sera pas terminée tant qu’elle ne sera pas enrayée dans TOUS les pays.

Et les pays pauvres ou en voie de développement, nous les avons négligés, offrant un terrain de jeu inédit au virus.

Les œillères 

Depuis le printemps dernier, nos gouvernements se sont engagés dans une véritable course contre la montre.

Pour surmonter le Delta, tous les efforts ont été déployés sur le front de la vaccination nationale. Vite atteindre le 70 % puis le 80 % puis le 90 %.

Or cette course s’est transformée en un repli sur soi.

Pendant que nous célébrions le retour des beaux jours, des « p’tits partys », la réouverture des frontières, nous avons oublié tout un pan de l’humanité, vulnérable.

Car depuis le mois de mai 2021, la Covid a infecté 93 millions de personnes et en a tué 1,6 million. C’est le tiers de toutes les victimes dans le monde depuis 2020.

La pandémie n’a pas ralenti. Elle s’est accélérée dans les pays les plus pauvres, m’expliquait vendredi la Dre Joanne Liu en entrevue.

Jamais le dicton, loin des yeux, loin du cœur n’a été aussi vrai et tragique.

Et pourtant, nos gouvernements savaient 

C’était écrit noir sur blanc dans le rapport du groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie, mandaté par l’OMS.

Voilà pourquoi on avait recommandé qu’un milliard de doses de vaccin soient distribuées dans les pays pauvres d’ici la fin de l’année. À ce jour, seul le quart de la commande a été livré.

Dilemme de la 3e dose

Maintenant que la peur d’Omicron s’est propagée comme une traînée de poudre, la pression se fera forte pour que le Québec emboîte le pas à la France et consente une troisième dose à l’ensemble de la population adulte.

Faut-il répéter la même erreur ? Maximiser notre protection tout en laissant le virus sévir et poursuivre sa dangereuse mutation ailleurs ?

Même la Dre Joanne Liu concède que le dilemme est « extrêmement déchirant ».

La seule façon d’y échapper est de permettre enfin aux pays en développement de fabriquer eux-mêmes les vaccins. Pour ce faire, il faudrait traiter ceux-ci comme un bien commun pour l’humanité, lever les restrictions liées à la propriété intellectuelle.

Le test viendra rapidement, dès lundi, lors de la session extraordinaire de l’Assemblée mondiale de la santé, à Genève.

Pour toutes les fois où Justin Trudeau a clamé que « le Canada est de retour », on ose espérer que cette fois-ci il offrira une voix forte en faveur d’une véritable solidarité mondiale.

Après tout, le choix est plus facile, nous les avons nos vaccins.