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Revivre sa vingtaine

Série télé Nous
Capture d'écran

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Ceux qui connaissent ses pièces de théâtre (Dévoilement devant notaire, La demoiselle en blanc, Valparaiso) savent que Dominick Parenteau-Leboeuf tisse finement des toiles sensibles et crée des images fortes dont les mots ne peuvent laisser indifférents. Après avoir participé à l’écriture de quelques séries jeunesse, elle signe sa première série télé grand public qui a toutes les qualités pour nous ramener dans l’intensité de nos 20 ans.

La bienveillance est au cœur de ta série. Ça tombe à point étant donné ce que l’on vit. C’était calculé ?

C’était en fait le mot d’ordre sur le tournage. J’ai commencé à écrire ce projet-là en 2015. Je ne voulais pas écrire une série avec du sang, des fusils, de la police, des gros conflits. Je trouvais qu’il y en avait assez, je ne voulais pas être dans cette surenchère-là et ce n’est pas là-dedans que j’excelle. En parlant avec d’autres auteurs, je me rends compte que nous sommes plusieurs dans cette mouvance. Les tournages devaient commencer quand la pandémie nous a forcés à les reporter. Un des acteurs me disait qu’on allait tellement avoir besoin de cette solidarité quand on allait en sortir que la série allait être d’autant plus pertinente. Je suis d’accord. J’ai toujours été intemporelle comme autrice et je me retrouve dans l’air du temps malgré moi.

Nous, c’est la rencontre de cinq jeunes qui sont nés au même moment et qui se retrouvent dans le même édifice 24 ans plus tard. La vingtaine t’inspirait ? 

J’avais la volonté de parler à tous ceux qui ont traversé la vingtaine, peu importe le moment. J’avais envie d’exulter ce que j’ai moi-même vécu dans ma vingtaine. J’étais à l’école de théâtre, ma mère venait de mourir, je devenais adulte dans le drame, dans ma construction d’artiste. C’est l’âge où il y a une grande tension dramatique entre les joies et les peines. On est plus radical. Tout le monde peut s’y associer en s’y replongeant. Il y a une intemporalité dans les thèmes tout comme dans le traitement, la réalisation de Yannick (Savard), le visuel. 

Dominick Parenteau-Lebeuf
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Dominick Parenteau-Lebeuf

Quels sont ces thèmes que tu voulais aborder ?

D’abord, je voulais explorer comment on devient adulte. Pas dans le sens du passage de l’adolescence, mais plutôt à cause des expériences de vie. Il y a une différence. C’est le moment où on arrête de trouver des réponses courtes à des problèmes compliqués, où tout n’est plus noir ou blanc. On apprend les nuances, l’empathie. Le deuxième thème est le destin. La vie déjà écrite telle que les Grecs l’entendent. Tu dois apprendre des événements que tu n’as pas choisis. 

Avais-tu des acteurs en tête quand tu as créé les personnages ?

Élise Guilbault et Marc Béland, qui jouent les parents de Camille, sont deux acteurs dont j’entendais les voix. Et j’ai écrit Vadeboncoeur pour mon chum (Louis Champagne) parce que c’est le gars le plus drôle au monde et qu’il a ce côté foufou du personnage. Sinon, il fallait trouver cinq jeunes acteurs qui allaient avoir une chimie complémentaire. Ils sont extraordinaires ! Marianne Fortier (Camille) est une grande comédienne. Elle a un rôle complexe qui porte à la fois la liberté et le paradoxe. Nicolas Fontaine (Alexis) a une profondeur incroyable. Kevin Ranely (Thibault) est troublant de vérité. Laeticia Isambert (Margaux) est magistrale, lumineuse. C’est la leader du groupe. Elle a trouvé sa démarche malgré tout l’inconfort des chaussures de son personnage qui vit beaucoup de déchirements. Chanel Mings (Anaïs) est étonnante dans ce personnage très affirmé, un peu cassant, tout en restant vulnérable.

On sent dans les premiers épisodes qu’il y a des secrets. Teinteront-ils toute la série ou seront-ils des déclencheurs supplémentaires ?

Nous est un hybride entre le feuilleton et la série. L’histoire va se dérouler sur 24 épisodes, mais j’ai voulu bien humblement déjouer les codes du téléroman avec un punch à chaque épisode pour avoir un rythme plus soutenu. On ne sait pas comment chaque élément va se révéler. Savoir que les gars qui travaillent en ce moment au mix de son se questionnent sur la suite me fait très plaisir.


Nous sera disponible sur Club illico dès le 2 décembre