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Le CH fait le grand ménage: Savard est déçu

L’ancien DG du CH critique l’arrivée d’un Américain

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Peu impressionné par le processus d’embauche du nouvel homme de confiance de Geoff Molson, l’ancien directeur général du Canadien Serge Savard se dit déçu de cette nomination. 

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En entrevue avec Le Journal après la conférence de presse du propriétaire et président du Tricolore, lundi midi, Savard s’expliquait bien mal l’arrivée de Jeff Gorton au poste de vice-président exécutif, opérations hockey. 

« Dans le fond, le message est clair. Il dit : “on s’excuse, mais on n’a pas trouvé quelqu’un au Québec capable d’occuper ce poste. On a trouvé quelqu’un d’extraordinaire aux États-Unis qui s’est fait mettre dehors à New York” », a illustré sans détour celui qui a œuvré durant 33 ans dans le giron du CH.    

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Savard faisait là allusion au renvoi de Gorton par les Rangers en mai. Le propriétaire l’avait relevé de ses fonctions dans un concours de circonstances quelques jours à peine après que les « Blue Shirts » eurent lancé publiquement une flèche empoisonnée sur les réseaux sociaux au département de la sécurité des joueurs de la LNH. 

Elle visait la sanction ridicule imposée à Tom Wilson, des Capitals de Washington. Mais le propriétaire a rectifié le tir en pointant plutôt comme motifs les résultats de son équipe et la lenteur de la restructuration.

L’ancien directeur général Serge Savard, photographié ici en 2019, n’est très impressionné de voir un Américain à la tête du département hockey du Canadien.
Photo d’archives, Chantal Poirier
L’ancien directeur général Serge Savard, photographié ici en 2019, n’est très impressionné de voir un Américain à la tête du département hockey du Canadien.

Marché à découvrir

N’ayant jamais eu peur de livrer véritablement le fond de sa pensée, le « Sénateur » déplore notamment que le CH doive une fois de plus faire découvrir la réalité, tout comme la culture de son marché, à un décideur étranger. Ce qu’un candidat local aurait su rapidement.  

« Je suis un peu déçu que le club se tourne vers un Américain qui ne parle pas français pour rebâtir l’organisation. Cela va à l’encontre des principes de base », a réagi l’homme d’affaires de 75 ans qui avait participé au processus de sélection de Marc Bergevin en 2012.

À l’époque, le candidat qui allait gérer les opérations hockey devait impérativement parler la langue de Molière. 

Même si Molson a réitéré lundi l’importance de choisir un nouveau directeur général pouvant s’exprimer en français, il appert que Gorton ne peut cocher ce critère. 

« Il sera peut-être très bon, je le souhaite de tout cœur », a tenu à souligner Savard à propos de celui qui a entre autres rebâti les Bruins de Boston. 

  • Écoutez la chronique de Jean-Charles Lajoie avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Repêcher des Québécois

L’ancien défenseur espère aussi que le marché junior québécois ne sera pas négligé comme il l’a été sous le règne de Trevor Timmins. 

En avril, lors d’une longue entrevue avec Le Journal réalisée au club de golf d’Hilton Head, en Caroline du Sud, où il traverse les hivers, Savard avait soulevé de sérieux doutes sur les intentions du Tricolore de repêcher dans sa cour.

Selon lui, les résultats des encans amateurs depuis plus d’une décennie sont « affreux ». 

Gorton aura donc du pain sur la planche.

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