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L’Iran suit la trajectoire de la Corée du Nord

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Photo AFP Le président iranien, Ebrahim Raisi, et le chef de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran, Mohammad Eslami, devant la centrale nucléaire de Bouchehr.

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Il faut une bonne dose de naïveté pour s’imaginer que l’Iran ne tentera pas bientôt de faire exploser une bombe atomique.

Le choix des États-Unis et de leurs alliés est simple.

  • Écoutez la chronique de Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Ou bien ils font semblant de croire les dirigeants iraniens qui, la main sur le cœur, jurent qu’ils ne veulent pas développer un arsenal nucléaire. Et alors ils allègent les sanctions économiques contre le pays, et l’Iran fait exploser une bombe atomique.

Ou bien ils ne croient pas l’Iran et ils maintiennent les sanctions économiques, et alors l’Iran fait exploser une bombe atomique.

C’est que l’Iran a enrichi des dizaines de kilos d’uranium à des niveaux proches de 60 %. Des niveaux qui se rapprochent dangereusement de ceux requis pour fabriquer des bombes atomiques.

Dernière chance ?

Bien plus, l’Iran installe de nouvelles centrifugeuses plus performantes que les anciennes et qui lui permettront d’enrichir davantage d’uranium, plus rapidement et à des niveaux plus élevés.

Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique soupçonnent fortement l’Iran d’enrichir de l’uranium dans des sites secrets auxquels ses inspecteurs n’ont pas accès.

Pour les Américains, les négociations avec l’Iran qui s’ouvrent aujourd’hui à Vienne sont celles de la dernière chance. 

Elles visent à rassurer le public américain, à montrer que l’administration de Joe Biden fait quelque chose.

Pour les Iraniens, ces négociations apparaissent de plus en plus comme une façon de gagner du temps pour faire avancer au maximum leur programme nucléaire.

La guerre comme autre option

Les États-Unis ont un grave problème : ils ne disposent en dehors de la table de négociation d’aucune solution autre que la guerre.

L’Iran au contraire peut compter sur de nombreux alliés, à commencer par la Chine, pour acheter son pétrole et le maintenir à flot tant que les sanctions américaines s’exerceront.

Biden risquerait-il une guerre contre l’Iran ? On peut en douter. Les États-Unis doivent concentrer leurs forces pour se reconstruire et pour affronter la Chine. Cependant, il faut admettre qu’une guerre contre l’Iran permettrait aux démocrates de dépolariser l’opinion publique et de l’unir derrière Biden. Une option tentante à un an des élections de mi-mandat.

Mais une guerre contre l’Iran risquerait d’enflammer plusieurs pays de la région, grâce à l’influence de Téhéran. C’est notablement le cas du Liban, avec le Hezbollah.

Points faibles de l’Iran

Pourtant l’Iran a des points faibles. Sa population est de plus en plus montée contre le pouvoir totalitaire des religieux et leur mauvaise gestion économique.

Et il y a Israël. Le pays possède la puissance militaire requise pour détruire une grande partie du programme nucléaire iranien. Il ne semble pas que les dirigeants israéliens attendront la permission de Washington pour attaquer l’Iran, s’ils jugent que le programme iranien est sur le point d’aboutir.

Bref, on se demande à quoi servent les négociations qui commencent aujourd’hui.