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PLQ: faire le jeu des fédéraux contre le Québec

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, lors de son discours de clôture au congrès du parti.
Photo Didier Debusschère La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, lors de son discours de clôture au congrès du parti.

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C’était le congrès du Parti libéral du Québec en fin de semaine. Entre autres, les militants ont adopté des propositions pour ajouter des cours dans le cursus scolaire. Il s’agit d’éduquer la jeunesse québécoise sur différents concepts, notamment le racisme systémique, la diversité, l’appropriation culturelle, le privilège blanc et l’histoire autochtone. Or, dans une large mesure, toutes ces questions opposent le Québec aux fédéraux, au Canada anglais et aux multiculturalistes canadiens.

Prenons d’abord l’histoire autochtone. Depuis plusieurs années, certaines personnalités clament que notre métropole est en territoire mohawk non cédé, ce qui est faux, archifaux. C’est le cas entre autres du ministre fédéral Marc Miller. Cette question est ressortie à nouveau il y a quelques semaines, quand le Canadien de Montréal a repris cette fausseté à son compte. Dominique Anglade a réagi en disant que la vérité historique n’était pas si importante. Le plus crucial était le message d’ouverture aux autochtones. 

Rappelons d’abord qu’il n’y aura pas de réconciliation sans que celle-ci ne soit accompagnée de la vérité, contrairement à ce que pense la cheffe libérale. Rappelons surtout que cette question du territoire non cédé vise à discréditer les velléités autonomistes et indépendantistes de notre peuple sur son territoire national. La défense de l’intégrité territoriale du Québec est un devoir élémentaire pour quelqu’un qui aspire à devenir première ministre, ce que Mme Anglade ne comprend absolument pas.

Par ailleurs, le fait que le PLQ fasse désormais sien le concept de «racisme systémique» et de «privilège blanc» n’est pas anodin. Il faut bien comprendre ce que ces concepts impliquent par rapport à nous. Il n’y a plus de nation québécoise possible, il n’y a que des «Blancs» au Québec contre des «racisés». Exit les souffrances et les injustices que nous avons subies, nous, «les Blancs». Aux oubliettes! On efface la part tragique de l’histoire du peuple québécois, de la pendaison des patriotes en passant par celle de Louis Riel; de Lord Durham à la fermeture des écoles françaises partout au Canada anglais; de la conscription au rapatriement de la Constitution, entre autres. Avec le racisme systémique, les Québécois ne constituent plus une culture minoritaire qui lutte pour sa survie. Ils ne forment plus une minorité nationale qui est trop souvent victime du Québec bashing. Avec le racisme systémique, nous sommes transformés en une bande de racistes dignes du sud des États-Unis qui oppressent les «racisés». 

Quand on accole aux Québécois l’étiquette de gens systématiquement racistes, tous les coups sont permis contre nos aspirations collectives. Des Canadiens anglais et des multiculturalistes canadiens opposés au projet de loi 96, qui prévoit notamment la reconnaissance du Québec comme nation de langue française dans la Constitution, comparent cette future législation au nazisme et à la persécution des Noirs. C’est exactement la même chose pour la Loi sur la laïcité de l’État, qui a été comparée aux lois de Nuremberg et à la ségrégation raciale américaine lors du procès de la loi 21. 

Il est intéressant de noter par ailleurs que la position du PLQ sur ce dernier sujet n’a pas changé au cours de leur congrès. Si elle est élue, Dominique Anglade ne reconduira pas la clause nonobstant pour empêcher les juges fédéraux d’invalider la loi 21, et ce, même si elle se dit «pour la laïcité». Si les rouges gagnent la prochaine élection, ils pourront légitimement abroger la loi 21, car ce débat peut se faire entre nous. Par contre, Dominique Anglade a le devoir de défendre cette loi en utilisant la clause dérogatoire. Elle relève de nos champs de compétence et a été adoptée par une majorité à l’Assemblée nationale. Ce n’est pas aux tribunaux fédéraux de décider du sort de la laïcité au Québec en vertu d’une charte qui nous a été imposée en 1982. 

Comme aspirante première ministre, celle qui se réclame de Robert Bourassa a le devoir de protéger notre autonomie contre le Canada anglais. Or, elle préfère jeter la loi 21 en pâture aux juges nommés par Ottawa, faisant hypocritement mine d’ignorer qu’elle sera ainsi taillée en morceaux. Non seulement Dominique Anglade ne défend pas la nation, elle fait le jeu des fédéraux contre le Québec!