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Un marathon de 10 ans et 130 M$: le Club Med de Charlevoix ouvrira ses portes vendredi

Daniel Gauthier lors d’un entretien au sujet de l’ouverture du Club Med au Massif de Charlevoix, vendredi dernier.
Photo Didier Debusschere Daniel Gauthier lors d’un entretien au sujet de l’ouverture du Club Med au Massif de Charlevoix, vendredi dernier.

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Tous les promoteurs s’entendent pour dire qu’il faut souvent être patient avant de voir sortir de terre un développement immobilier. Pour le Groupe Le Massif, l’attente a été d’une décennie pour le Club Med Québec Charlevoix. Et dire que cette histoire a débuté avec un appel spontané. 

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Vendredi, le Club Med du Massif de Petite-Rivière-Saint-François ouvrira officiellement ses portes aux touristes. Un événement qui a déjà été évoqué pour 2015 et 2020. Comme quoi ce projet hôtelier n’aura pas été sans embûches. 

La facture totale du chantier : 130 millions $. Ce sont 10 millions $ de plus que ce qui était prévu dans le montage financier de 2017, qui comprenait 38,1 millions $ de Québec et d’Ottawa sous forme principalement de prêts remboursables.  

L’homme d’affaires Daniel Gauthier, actionnaire majoritaire du Groupe Le Massif, a indiqué au Journal que ces sommes supplémentaires ont été payées par son organisation et la chaîne Club Med. 

Daniel Gauthier lors d’un entretien au sujet de l’ouverture du Club Med au Massif de Charlevoix, vendredi dernier.
Photo Didier Debusschère

Il a justifié cette hausse notamment par le prix des matériaux qui a bondi et l’agrandissement de la superficie du site par rapport au plan initial. 

Mais revenons au premier pas de ce projet de village quatre saisons, la seule destination de ski de Club Med en Amérique du Nord. 

  • Écoutez La Rencontre Daoust-Martineau avec Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio : 

L’idée 

« Je me rappelle très bien, fin novembre ou début décembre [2011], une discussion sur le développement de la montagne. [...] La question était : quelle est notre cible comme partenaire hôtelier ? Une personne a alors évoqué le Club Med, raconte M. Gauthier, avouant avec le sourire qu’il associait plus cette chaîne aux destinations soleil. Cold call [appel spontané], nous avons appelé et le timing était bon », pousuit-il. 

Début 2012, M. Gauthier visite des Club Med en Europe. L’automne suivant, il a entre les mains une lettre d’intention signée par Club Med pour la construction d’un hôtel à Charlevoix. « Ils sont tombés en amour avec la montagne et la région », dit l’homme de 63 ans. 

La lune de miel dure jusqu’au printemps 2013, alors qu’une bataille éclate entre le milliardaire chinois Guo Guangchang (Fosun) et l’italien Andrea Bonomi pour acheter la société Club Med. Fosun a finalement remporté la mise en 2015. 

« Il n’y avait plus de son et d’image lorsqu’on voulait leur parler durant cette période », avance M. Gauthier, si bien qu’il a annoncé en décembre 2015 avoir abandonné le projet. Le partage du risque financier entre les groupes était également l’un des éléments épineux, à ce moment.  

La reprise 

En 2016, de nouveaux investisseurs permettent de relancer les discussions. Puis, en 2017, la direction confirme, lors d'une conférence de presse, que le complexe hôtelier de 302 chambres va de l’avant. Le Club Med injecte 14 millions $ dans ce chantier. 

Les travaux débutent au printemps 2019 et la direction annonce en décembre de la même année qu’elle reporte d’un an l’ouverture évoquant le manque de travailleurs dans le secteur de la construction. Le projet accusait déjà un retard.  

Ensuite, la COVID-19 s’installe au Québec et après, la crise du transport maritime et les défis d’approvisionnement s’invitent à leur tour. Le Groupe Le Massif attend d'ailleurs encore 220 lampes de chevet qui sont dans un conteneur entre Vancouver et Québec. Cette livraison était prévue pour le mois d’octobre. 

Lorsqu’il dresse le bilan des dernières années, M. Gauthier est satisfait de voir enfin son projet prendre vie. «Mon grand but a toujours été de faire découvrir Charlevoix au monde!», conclut-il. 

Le groupe Massif a conclu une entente de 15 ans avec le Club Med.  

Au total, ce sont 350 salariés qui y travailleront. La direction est toujours à la recherche de talents pour combler ses besoins. 


Club Med Québec Charlevoix  

  • Facture : 130 millions $, dont 38,1 M$ de fonds publics   
  • Entente de 15 ans entre le Groupe Le Massif et la chaîne Club Med   
  • 350 salariés  
  • Ouverture le 3 décembre 2021   

Cinq questions à Daniel Gauthier  

Après 10 ans d’attente, l’homme d’affaires Daniel Gauthier peut finalement dire, aujourd’hui, mission accomplie pour le Club Med Québec Charlevoix. Cinq questions au cofondateur du Cirque du Soleil.  

Quels sont vos autres projets pour la montagne du Massif ? 

« On vient de lancer un projet d’une quinzaine de jumelés. Nous avons un autre projet de condo-hôtel de 120 unités. [...] [...] À la base, nous prévoyons construire environ 200 portes à moyen terme. [...] Éventuellement, il pourrait également y avoir un deuxième groupe hôtelier plus conventionnel. Il pourrait aussi y avoir éventuellement un spa. » 

Québec devrait-elle avoir une meilleure desserte aérienne ? 

« C’est sûr. On sait que le Club Med a déjà eu des pourparlers avec des transporteurs aériens pour avoir beaucoup plus de vols directs de l’Europe et des États-Unis. [...] D’après moi, Air France va faire des annonces bientôt. » 

Verriez-vous un intérêt à investir dans une équipe de la LNH ? 

« Je ne suis pas un fan de hockey. Jamais personne n’est venu me parler des Nordiques pour faire partie d’un groupe d’investisseurs. Ça fait 20 ans que j’investis dans les sports nordiques. Je n’ai pas analysé cette possibilité. » 

Êtes-vous heureux de voir que le Cirque du Soleil est toujours en vie ? 

« Ils se sont retrouvés dans une situation difficile. Je suis content que cela reparte. [...] Le Cirque a toujours accès aux talents, à la profondeur et aux créateurs qu’il avait. C’est une grosse machine. Il continue de travailler avec Disney et d’avoir des spectacles à Las Vegas. »  

Êtes-vous préoccupé par les changements climatiques ? 

« C’est sûr. J’espère que cela préoccupe tout le monde. [...] Il y a 20 ans, il y avait normalement de la neige naturelle pour faire du ski à la fin octobre. Ç’a vraiment changé. [...] On compte, aujourd’hui, beaucoup sur les nouvelles technologies d’enneigement artificiel. [...] Ça va être un défi ! » 

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