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Me Goldwater veut bloquer le «massacre» des cerfs à Longueuil

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L’avocate montréalaise Anne-France Goldwater est prête à se rendre devant les tribunaux pour empêcher l’abattage de 70 cerfs dans le parc régional Michel-Chartrand, à Longueuil, une décision qu’elle qualifie de «massacre».

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Rencontrée par TVA Nouvelles mardi matin, Me Goldwater n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la situation qu’elle juge primitive, et elle rappelle que ces animaux ont autant de droits que les autres êtres vivants sur la planète.

Selon elle, ils ont besoin d’une voix pour les défendre et c’est ce qu’elle s’engage à faire pour contrer la décision de l’administration de la mairesse Catherine Fournier.

«C’est un honneur de défendre ces animaux, comme je l'ai déjà fait pour des chats, des chiens et des chevaux. Maintenant, je le ferai pour les cerfs, car je trouve la situation plus que regrettable», a-t-elle dit.

«Je trouve cela épouvantable, primitif, archaïque, des esprits fermés qui pensent que la seule chose qu’on peut faire avec toute notre puissance intellectuelle, c’est d’aller massacrer Bambi. Et pour ajouter l’insulte à l’injure, on veut donner leur viande aux gens pauvres après avoir dit qu’ils sont malades.»

Contrairement à la mairesse et aux membres de la table de concertation qui estiment que de déplacer les cerfs en dehors du parc n’est pas une solution réalisable, Me Anne-France Goldwater juge qu’il faut envisager cette option.

«Il y a des techniques très modernes pour apaiser l’animal. On comprend d’ailleurs de plus en plus le fonctionnement de la personnalité de chaque animal. On peut les déplacer dans des refuges. Les contribuables n’auraient pas à payer. La facture sera assumée par nous tous au privé», a-t-elle souligné.

«On veut sauver la vie des cerfs dans le but de montrer et d’enseigner à nos enfants le respect de l’environnement. Sans blâmer la nouvelle mairesse, je condamne avec regret cette volonté de ne pas se rendre au 21e siècle et de ne pas chasser les mentalités d’antan où on abattait n’importe quoi, ce qui bouge à quatre pattes, on va tirer dessus.»

L’avocate encourage maintenant des citoyens à former des associations pour contester l’abattage.

Avec les contributions des membres, ils pourraient entamer les procédures judiciaires. Me Goldwater a indiqué qu’elle était prête à travailler gratuitement pour défendre ses animaux.

Catherine Fournier justifie sa décision

De son côté, la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, s’est expliquée mardi, indiquant qu’«une table de concertation a rigoureusement fait des travaux au cours des six derniers mois».

«On a analysé toutes les voies et avenues possibles», a-t-elle déclaré dans une entrevue avec Mario Dumont.

«Plusieurs signes démontrent que les cerfs souffrent de malnutrition. Ils ont commencé à manger le nerprun, qui est une espèce exotique envahissante qui ne fait pas partie de l’alimentation habituelle des cerfs de Virginie. Notons aussi une hausse des accidents en bordure de la route avec les chevreuils.»

Par ailleurs, Mme Fournier a écarté le scénario de déplacer les cervidés sur un autre territoire, en raison du stress exercé sur ces animaux qui peut, selon elle, mener à la paralysie et même à la mort.

L’autre raison qui justifie l’abattage, c’est la maladie de Lyme qui est très présente et dont on ne veut pas la transmission dans d’autres régions du Québec.

Par ailleurs, Catherine Fournier a indiqué avoir déjà reçu des messages désapprobateurs à la suite de l’annonce de l’abattage des cerfs.

La police veille à ce que les débordements du passé ne se répètent pas.

«Quand ça dépasse les bornes, il faut les signaler. Étant donné les menaces de mort émises dans le passé, la police de Longueuil va suivre la situation», a indiqué Mme Fournier.

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