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Quel avenir pour Aline en France ?

FILM "ALINE " de VALÉRIE LEMERCIER
Photo courtoisie, Gaumont

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Si Aline, la « fausse vraie vie » de Céline Dion, obtient de bons résultats au Québec, son avenir immédiat est plus incertain en France.

Le film a démarré en lion dès la première semaine avec 595 211 entrées, délogeant même le blockbuster Marvel de la tête du box office. La semaine suivante, ce fut presque la catastrophe. Aline a enregistré seulement 301 206 entrées malgré des critiques favorables et certaines qui étaient dithyrambiques. Le bouche-à-oreille fut donc négatif. 

C’est aujourd’hui que sortiront les chiffres de la troisième semaine. Même s’il a fait mauvais temps en France, donc un temps favorable à la fréquentation des salles, le nombre d’entrées diminuerait encore, semble-t-il, ce qui serait de très mauvais augure pour la suite des choses. 

Le sondage maison que j’ai effectué auprès d’une douzaine de mes amis parisiens — tous des cinéphiles patentés — n’est pas encourageant. À l’exception de mon amie, l’actrice Marie-Christine Barrault, qui adore Valérie Lemercier et tient à voir son film, tous les autres s’abstiendront. Malgré le talent qu’ils reconnaissent à Céline Dion, ils ne sont pas des inconditionnels de la chanteuse. Aucun n’aurait traversé l’Atlantique pour Las Vegas ou même acheté un billet pour le Stade de France. C’est donc sur les « fans » de Céline — et ceux de Valérie Lemercier — qu’il faut compter pour gonfler les chiffres du box office. 

NOUS ÉTIONS QUATRE DANS LA SALLE 

Les Parisiens n’ont pas encore retrouvé leur appétit pour la culture. À l’exception de la Comédie française où l’on joue à guichets fermés, la plupart des théâtres peinent à vendre leurs billets. Au cinéma, c’est encore plus désolant. La fréquentation des salles a diminué de 6 % en regard de l’an dernier, mais de 64 % par rapport à 2019. J’ai vu Aline samedi, en matinée. Nous étions quatre personnes dans une grande salle du 15e arrondissement. 

En France, les propos de Michel et Claudette Dion à La semaine des 4 Julie et la réaction outrée de Valérie Lemercier, qui a boudé Julie Snyder, ont eu un certain retentissement, mais n’ont pas fait de vagues significatives. Les producteurs espèrent une réaction de Céline elle-même. Indignée ou non, elle donnerait au film un coup de pub bien opportun. Mon petit doigt me dit qu’elle restera muette.  

Aline finira par faire ses frais, le film ayant déjà été vendu dans 42 pays. Les 33 millions de dollars canadiens qu’il a coûté (la participation québécoise est d’environ 3 millions $) sont loin d’avoir été mal dépensés. Tout l’argent est à l’écran, comme on dit dans le jargon du cinéma. Les spectateurs en ont plein la vue et plein les oreilles.  

EST-CE QUE J’AI AIMÉ LE FILM ?  

Ah ! oui, est-ce que j’ai aimé le film ? Ma femme Maryse, beaucoup. Moi, oui et non. Oui pour l’excellent choix des chansons (même si Power of Love n’y est pas) et pour l’interprétation de Sylvain Marcel. Non, pour la cambuse de la famille. Cette « cabane au Canada » aurait mieux convenu au film Maria Chapdeleine. Enfin, trois fois non pour les prénoms ridicules dont on a affublé certains personnages et pour cette scène stupide où les « Dieu » parlent du « Vôtican ». 

Le générique des films de fiction se termine en général par une notice voulant que « toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite ». Même si la réalisatrice insiste pour qualifier son film de fiction, les producteurs n’ont pas eu l’impudence d’ajouter cette notice classique au générique d’Aline !