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Tiger Woods veut tourner la page sur 2021

L’athlète a tenu sa première conférence de presse depuis son accident en février

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Photo AFP Après son accident majeur en février, Tiger Woods estime que sa carrière de joueur de golf à temps plein est terminée.

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Tiger Woods a échappé à la mort en février 2021. Maintenant sur ses deux jambes, il voit la lumière au bout du tunnel et souhaite tourner la page sur cette année de tourmente. 

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À sa première conférence de presse depuis son terrible accident de la route survenu le 23 février en banlieue de Los Angeles, le Tigre a fait le point avec lucidité durant 40 minutes sur son état de santé. 

Il y a longtemps qu’on l’avait vu aussi détendu, souriant et lâchant plusieurs blagues. En marge de son tournoi Hero World Challenge, mardi, au club de golf Albany aux Bahamas, le golfeur qui fêtera ses 46 ans le 30 décembre a admis qu’il vivait des jours meilleurs et qu’il voyait la lumière au bout du tunnel. 

Lors des neuf derniers mois, il a traversé des jours très sombres dans la douleur. Alité à l’hôpital durant trois semaines où les médecins ont même réfléchi à l’amputation de sa jambe droite, il est ensuite resté au lit durant trois mois à la maison. 

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Photo AFP

Long processus

Reviendra-t-il un jour en pleine forme ? 

Jamais. Avec humilité, il accepte d’ailleurs son sort.

Sa réhabilitation va bon train, mais le long processus s’inscrit parmi les plus difficiles de sa dizaine de chirurgies en carrière. Son âge, ses capacités physiques limitées et l’état de sa jambe ont complexifié sa rééducation. 

Une vidéo récemment publiée sur les réseaux sociaux où on l’aperçoit effectuer un élan en frappant une balle laisse présager qu’il est toujours animé de sa passion pour le golf. Il ne faut surtout pas encercler la date d’un éventuel retour sur les allées du circuit de la PGA. 

« La route est encore longue. Je ne peux dire quand le jour viendra où je serai en mesure de performer sur ce circuit. Pour l’instant, je peux jouer ici et là en me promenant, a expliqué celui qui a renoué avec les parcours. Je vois mes balles tomber du ciel moins loin, ce qui m’ouvre les yeux. Au moins, je suis en mesure de jouer à nouveau. Il m’était impossible d’y croire durant un bon bout de temps. »

Parmi les bons signes, les collègues de la presse présents aux Bahamas n’ont pas vu Woods tirer de la patte. Même qu’il a pris du coffre en ajoutant des muscles aux bras et aux épaules. 

Sûrement les effets secondaires de s’être déplacé en béquilles durant des mois dans son immense château de Jupiter, en Floride.

Dans une entrevue accordée au magazine Golf Digest, lundi, Woods a averti qu’il ne reviendrait pas à temps plein sur le circuit de la PGA. S’il effectue un retour, ce sera à temps partiel, en choisissant ses sorties. 

Quand ? 

C’est la question à 1 M$. Il souhaite être présent à Augusta et à l’Open, à St Andrews, cet été. Tout dépendra de sa réhabilitation et de son niveau de jeu. 

Déjà, l’homme aux 82 victoires sur le circuit de la PGA a prévenu qu’il ne compte pas dépenser autant d’énergie qu’il le faisait autrefois pour revenir au jeu. Il a grimpé son « Everest » suffisamment de fois dans sa carrière pour savoir qu’il ne veut plus prendre cette route. 

« Avec la condition de ma jambe, je n’ai plus autant d’occasions de pratiquer et de me préparer. Je vais devoir changer ma préparation. C’est ma réalité et je suis en paix avec ça. 

« Ma jambe ne sera plus jamais comme elle l’était, mon dos non plus. L’horloge continue de tourner. Je vieillis. Tous ces facteurs dans l’équation font en sorte que je n’ai plus le désir de disputer un calendrier complet d’événements et d’entraînements », a-t-il soutenu.

Cette présence et ces explications laissent néanmoins présager que les amateurs pourraient le revoir en 2022.  

Sous un autre jour  

Tiger Woods est humain. Après avoir dominé son sport durant trois décennies, signé 108 victoires professionnelles à travers le monde, s’être élevé parmi les plus grands athlètes de la planète, le Tigre rend les armes. 

Cet accident de février 2021 qui aurait pu lui coûter la vie a broyé plus que sa jambe droite. Il a broyé les espoirs de se hisser sans contredit comme le plus grand de tous les temps. 

Il n’a plus l’énergie et les capacités de se battre férocement pour fracasser un dernier record, celui des 18 titres majeurs détenu par Jack Nicklaus. 

À la fois fort dans cette énième épreuve de la vie et vulnérable devant son futur, Woods s’est présenté sous un autre jour, mardi aux Bahamas. Il a admis avoir remporté son 15e et dernier tournoi du Grand Chelem dans ce grand exploit accompli à Augusta en avril 2019.

Signes précurseurs

Dans un mois, il fêtera ses 46 ans en famille. À l’exception de Phil Mickelson en mai dernier, la conquête d’un titre majeur après 45 ans est rarissime. 

À vrai dire, Woods répète depuis son dernier retour au jeu en 2018, après une 10e chirurgie, qu’il ne voit plus sa carrière comme autrefois. 

Je me souviens comme si c’était mardi de sa conférence de presse au lancement du Tournoi des Maîtres 2019. Il n’avait plus rien à prouver avec ses quatre vestons verts. Dans une salle bondée, une collègue du Washington Post lui avait demandé ce qui le motivait à continuer. En esquissant un large sourire, il avait répondu l’air taquin : « Parce que je veux gagner ». 

Et cinq jours plus tard, il triomphait dans des circonstances grandioses. En rugissant pour cimenter sa place parmi la crème du règne sportif. 

Trois mois plus tard, par un vendredi pluvieux en Irlande du Nord, il était exclu des rondes du week-end de l’Open à Royal Portrush. Le dos endolori par les l’humidité et la fraîcheur de l’océan lui avait rappelé son âge. 

Debout sur le podium où il répondait à une armée de journalistes à ses pieds, il avait expliqué ses déboires. Sans pouvoir s’entraîner autant, il ne pouvait livrer les mêmes résultats. Les amateurs devaient s’y faire. 

« La vie change. Il faut s’adapter », avait-il lâché en promettant de ne jamais baisser les bras. 

Cycle naturel

Il ne voit plus la vie du même œil depuis ce terrible accident. L’horloge tourne. Celle de Woods n’est pas différente. C’est le cycle de la vie. 

Il souhaite maintenant approfondir son héritage en guidant les jeunes loups à ses trousses. 

Woods est humain. Il n’aurait pas dit cela il n’y a pas si longtemps.

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