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Carboneutralité des infrastructures: un avant-goût pour le 3e lien de Québec

DOSSIER ARBRES
Pierre-Paul Poulin / Le Journal

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La « forêt » qui doit sortir de terre pour compenser la pollution émise par la construction de l’échangeur Turcot s’étendra sur 81 hectares de terres publiques, un avant-goût du gigantesque reboisement qui sera nécessaire pour le 3e lien entre Québec et Lévis.

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Le ministre des Transports, François Bonnardel, a déjà annoncé que le controversé projet sous-fluvial entre Québec et sa Rive-Sud suivra également la voie de la carboneutralité.

Reste à voir l’ampleur des plantations qui seront nécessaires pour compenser les émissions de GES engendrées par la réalisation d’un des tunnels les plus larges au monde et qui fera près de 9 km de long.

Écoblanchiment 

Selon Jérôme Dupras, professeur au Département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais, on ne doit pas réduire le caractère environnemental d’un projet à la plantation de quelques arbres pour le compenser. 

« Il y a un effet carbone, certes. On ne peut pas dire que tous ces projets [de plantation d’arbres] sont de l’écoblanchiment. Mais il y a quand même malheureusement de ça. Je n’aurais pas de difficulté à qualifier l’approche du gouvernement pour le troisième lien un peu dans cette optique-là. C’est un projet qui n’a l’appui d’aucun expert du modèle », souligne-t-il.

  • Écoutez l’entrevue de Jérôme Dupras, Professeur à l'Université du Québec en Outaouais et Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie écologique

155 000 tonnes de CO2

De son côté, la construction de l’échangeur Turcot a généré pas moins de 155 000 tonnes métriques équivalent CO2 dans l’atmosphère, après les mesures d’atténuation.  

Les trois quarts de cette pollution ont été compensés par l’achat de crédits carbone par le consortium responsable du projet, KPH Turcot, assure le ministère des Transports du Québec (MTQ). Pour pallier les émissions de GES restantes, le gouvernement a opté pour le reboisement. 

« L’équipe de projet Turcot estime que les plantations prévues dans trois régions du Québec permettront de compenser les 35 000 tonnes métriques équivalent C02 », précise le porte-parole du MTQ Nicolas Vigneault.  

Il faudra toutefois du temps, puisque la formule de calcul pour les mégaprojets de transport s’établit sur plusieurs années. 

« Plus ou moins quatre tonnes équivalent CO2 de captation par année, par hectare, sur une période de 100 ans », souligne-t-il.

– Avec Dominique Cambron-Goulet

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