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Le boycottage diplomatique des Jeux favorisé

Selon la ministre fédérale du Sport, la décision finale sera prise par le comité olympique du Canada

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Photo AFP Des travailleurs peinturaient les anneaux olympiques à Pékin, en Chine, mercredi.

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Après le refus d’Ottawa de demander le report des Jeux olympiques de Pékin, mardi, les partis d’opposition soutiennent désormais un boycottage diplomatique de l’événement, initiative que le Bloc québécois qualifie de « strict minimum ».

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La ministre fédérale du Sport, Pascale St-Onge, a indiqué en matinée mercredi que « la décision n’a pas encore été prise » concernant le boycottage diplomatique, mais que le gouvernement « respecte » l’indépendance du comité olympique et continuait les discussions avec ses alliés.

Pour le député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe, à l’origine de la motion défaite pour demander le report des Jeux, les motifs derrière le refus du Parti libéral (PLC) d’appuyer sa motion restent flous, d’autant plus que le Parlement, incluant la grande majorité de la députation libérale, a reconnu en février dernier l’existence d’un « génocide » au Xinjiang, en Chine.

« Déçu, triste et en colère » après le vote de mardi, M. Brunelle-Duceppe a pris le temps d’échanger largement sur la question avec son adversaire libéral et ancien porte-drapeau canadien aux Jeux olympiques de 2008, le kayakiste Adam van Koeverden.

Pour M. van Koeverden, refuser aux athlètes canadiens une participation aux Jeux olympiques reviendrait à se servir de ceux-ci comme « pions diplomatiques ».

« Nos athlètes, vous savez, ne sont pas des outils de diplomatie. Nous avons le commerce. Nous avons des ambassades, nous avons des ambassadeurs. Nous avons des étudiants internationaux ici. Nous avons beaucoup de façons différentes de travailler de manière réfléchie en tant que gouvernement, mais nos athlètes sont censés être apolitiques », a déclaré l’ancien olympien devenu politicien.

« On dit que les athlètes sont apolitiques, fine, mais il n’y a rien de plus politique que les Jeux olympiques ! » a rétorqué en entrevue M. Brunelle-Duceppe.

« Quand il dit qu’il ne faut pas que les athlètes soient des pions diplomatiques, à ce moment, ce qu’il fait, c’est qu’il laisse nos athlètes être des pions diplomatiques pour la Chine, parce que la Chine les utilise, les Jeux [pour son image] », a-t-il affirmé.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec avec Alex Harvey, ex-fondeur olympique et avocat sur QUB radio :

« Aucun maudit bon sens » 

Le député de Lac-Saint-Jean, investi dans la cause des Ouïghours, a dit qu’il n’en a pas fini avec la question et a promis d’autres actions.

Le chef conservateur, Erin O’Toole, et le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, ont tous les deux signifié qu’ils seraient d’accord pour un boycottage diplomatique de l’événement.

Yves-François Blanchet, chef bloquiste, croit que la mesure « ne vaut pas cher la douzaine ».

« Ça n’a aucun maudit bon sens qu’un gouvernement qui se prétend vertueux dans une démocratie quand même fonctionnelle tolère, par l’absence de mesures, par l’absence d’intervention, par l’absence de position claire, le traitement subi par les Ouïghours de la part de la dictature chinoise », a dénoncé M. Blanchet.