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Le cri du cœur de Patrick Roy

Patrick Roy
Photo Didier Debusschère Patrick Roy en discussion avec les arbitres, vendredi, au Centre Vidéotron.

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Sacré Casseau, il m’étonnera toujours ! Contrairement à ce que je pensais, il est intéressé par le poste de directeur général du Canadien dans le contexte d’un partenariat avec Jeff Gorton. Et il a choisi de le dire sur la place publique. C’est bien lui !

Je m’imagine la tête du nouveau patron des opérations hockey du Tricolore quand il a appris la nouvelle.

Patrick Roy qui déclare à la face du Québec qu’il veut contribuer à la relance de l’organisation avec laquelle il a disputé les 10 premières saisons de sa glorieuse carrière de gardien.

La nouvelle a embrasé les réseaux sociaux et fait la joie des partisans de Roy qui réclament sa présence au sein de l’organigramme hockey du Canadien depuis des lunes.

Geoff Molson et Gorton n’avaient probablement pas prévu cette sortie.

Sans détour

Roy a toujours eu le sens du spectacle. Il n’a pas besoin d’un agent de relations publiques. 

Il est comme Guy Lafleur.

Il dit ce qu’il pense, que ça plaise ou que ça écorche les oreilles.

Dans ce cas-ci, les gens qui souhaitent le voir comme le prochain DG du Canadien sont largement majoritaires.

Mais son style ne plaît pas à tout le monde. 

Les dissidents le disent trop impulsif pour occuper un poste de direction dans la Ligue nationale.

Ils rappellent que Roy a abandonné ses fonctions d’entraîneur-chef de l’Avalanche du Colorado en claquant la porte.

Ils ne voient pas comment Roy pourrait composer avec Gorton s’il ne pouvait s’entendre avec un type calme et posé comme son ancien coéquipier Joe Sakic chez l’Avalanche.

Cette croyance lui colle à la peau.

Pas un messager

C’est vrai que Roy prend de la place et qu’il en impose. 

C’est dans sa nature.

Gorton, lui, est discret. Il ne recherche pas les projecteurs et il n’est pas particulièrement à l’aise dans une mêlée de presse.

La présence de Roy lui porterait ombrage. Les amateurs ne verraient que lui.

Roy ne serait pas le francophone de service, oh que non !

Un cas pour Geoff Molson

Bien que Geoff Molson dise que le choix du directeur général reviendra à Gorton, j’ai bien l’impression qu’il aurait son mot à dire dans le cas de Roy.

Une opinion répandue dans les coulisses veut que le propriétaire et chef de direction du Canadien ne tient pas à voir Roy dans son équipe.

Mais s’il veut d’un homme qui a le CH à cœur et qui tient à sa renaissance, il devra étudier sérieusement la candidature de Roy.

Comme tous les anciens joueurs québécois qui ont joué à Montréal, Roy n’en peut plus de voir le Canadien dépérir.

Il en a assez de voir le Tricolore végéter depuis sa dernière conquête de la coupe Stanley.

Victoire qui n’aurait pas été possible sans sa tenue magistrale devant le filet, on le sait tous.

Comme tous les partisans, il a mal à son CH.

Pas de reconstruction

Tout comme Molson, il pense que le Tricolore est une meilleure équipe que ne l’indique sa fiche actuelle.

Il estime que le retour à la respectabilité n’a pas à passer par une refonte complète des effectifs.

Selon lui, une réinitialisation ferait l’affaire.

Voilà qui est intéressant.

Le ballon est entre les mains de Geoff Molson et de Jeff Gorton.

S’ils croient que Roy peut les aider à redresser le navire, ils vont lui tendre la main.

Pour Roy, ce serait une occasion de boucler la boucle avec l’équipe avec laquelle il a obtenu ses premiers grands succès.

À 56 ans, il a envie d’un dernier défi dans le hockey, celui de redonner ses lettres de noblesse au Canadien.

Après ça, il ira jouer au golf.

Un allié de la LHJMQ  

Patrick Roy a raison de dire que Trevor Timmins a causé la perte de Marc Bergevin. Une équipe ne peut s’épanouir quand elle repêche mal et qu’elle ne parvient pas à développer ses choix au repêchage.

Pas pour rien que le Canadien ne réussit pas à avancer depuis trois décennies.

On connaît les nombreux premiers choix que l’organisation a échappés au fil des ans.

Pas besoin de les énumérer.

Vous connaissez leurs noms.

De plus, par deux fois, le CH a échangé des premiers choix prometteurs contre des joueurs qui n’ont pas livré la marchandise.

Bob Gainey s’est départi de Ryan McDonagh pour faire l’acquisition de Scott Gomez et Marc Bergevin a donné Mikhail Sergachev pour aller chercher Jonathan Drouin.

C’est le genre de transactions qui fait reculer un club de 10 ans. 

Il ne faut plus que ça se produise, il faut que ça change.

Un complément

Jeff Gorton est reconnu comme un bon évaluateur de talent, mais il ne pourra pas se déplacer constamment pour aller voir des jeunes joueurs.

Patrick Roy pourrait lui être un bon complément dans le domaine. Il connaît la Ligue de hockey junior majeur du Québec comme le fond de sa poche.

Il serait les yeux et les oreilles du Canadien.

Martin Madden fils est un nom qu’il ne faudrait pas écarter non plus.

Adjoint au directeur général des Ducks d’Anaheim, Madden dirige le département de recrutement de cette organisation depuis une douzaine d’années.

Trevor Zegras et Jamie Drysdale figurent parmi les joueurs qui ont été repêchés sous sa direction au cours des dernières années.

Oubliez Quintal

Après Vincent Damphousse, rayez le nom de Stéphane Quintal de la liste des candidats au poste de DG du Canadien.

Ce n’est pas le genre de travail qui l’intéresse.

Quintal préférerait un poste semblable à celui de Luc Robitaille, qui à titre de président des Kings de Los Angeles, concilie hockey et affaires.