/lifestyle/columnists
Navigation

Le désagrément de se sentir vieillir

Coup d'oeil sur cet article

Je n’ai jamais eu de santé, mais j’ai toujours fait mon possible pour la maintenir au mieux. En mère de famille soucieuse de donner de bonnes habitudes à ses enfants, j’ai toujours pris grand soin de leur préparer des repas équilibrés et de les inciter à faire du sport. Comme leur père en a toujours pratiqué plusieurs, ils avaient un exemple à suivre sous les yeux.

Contrairement à mon mari, qui a toujours été pétant de santé, j’ai connu plusieurs épisodes de maladie. Le diabète n’étant pas le moindre. Ce qui ne m’a pas empêchée de travailler toute ma vie. À 65 ans, j’ai pris ma retraite. Mon conjoint, lui, a pu attendre 70 ans pour le faire, en bonne santé en plus. En ce qui me concerne, les choses se passent moins bien. Depuis ma retraite, on dirait que tout ce que je croise de mauvais sur mon chemin, je l’attrape. Heureusement, je fus épargnée par la COVID, mais ça m’a privée de voir mes enfants et surtout mes petits-enfants. 

Pourquoi la vie est-elle si injuste envers certains, comme moi, et si généreuse avec d’autres ? J’ai fait quoi pour me lever chaque matin avec des maux de dos ? Pour devoir faire attention à temps plein à ma diète pour éviter les baisses de sucre ? À devoir surveiller mon cœur qui fonctionne désormais grâce à un pace maker ?

Quand je me regarde, je vois bien que ma peau est plus ridée que celle de mon mari, que mon pas est moins alerte que le sien, et ça m’enrage. Encore plus depuis qu’on vit en maison de retraite et que je vois les veuves lui tourner autour. Il fait semblant de ne pas les voir, mais je sais que ça le flatte, pendant que moi j’en perds chaque jour. J’en suis rendue à refuser de sortir pour ne pas être vue dans un état que même mes enfants trouvent pénible à supporter. J’aimerais mieux mourir !

J’en peux plus !

Sans vouloir être prophète de malheur, je vous inciterais à consulter votre médecin, car je crains que vous ne fassiez une dépression. C’est certain que vous avez joué de malchance côté santé, mais quand les dés sont jetés, il vaut toujours mieux apprendre à composer avec que se battre contre.

Que ça se passe bien ou mal, vieillir c’est le lot de tout le monde. Pourquoi ne pas vous mettre en mode « acceptation de ce que la vie vous a donné en partage » plutôt que l’inverse ? Si même vos enfants ne supportent plus votre façon d’être, peut-être vaudrait-il mieux apprendre à relativiser le mauvais pour apprécier un peu plus le reste ?