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Le PLQ est une succursale du PLC

Quebec
Photo d’archives

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C’est une formule qui revient en boucle : le PLQ de Dominique Anglade s’alignerait sur Québec solidaire. Cette convergence idéologique ne date pas d’hier. Plusieurs, et j’en suis, parlent du PLQS. 

Sur les questions identitaires, les deux partis ne font à peu près qu’un, même si on trouve des nuances entre leurs discours. 

Il n’en demeure pas moins que chaque parti conserve sa spécificité. Le PLQ demeure le parti des milieux d’affaires. Sa base électorale demeure composée du bloc allophone et anglophone, allergique au nationalisme québécois. 

Fédéralisme

QS demeure d’abord le parti de la gauche radicale, malgré le vernis parlementaire offert par Gabriel Nadeau-Dubois. Sa base électorale est surtout composée d’un jeune électorat urbain qui porte son progressisme à la boutonnière et se veut en phase avec les codes de l’élite culturelle et académique. 

En fait, il faut déplacer notre regard vert Ottawa pour comprendre ce que le PLQ devient, soit une succursale provinciale du Parti libéral du Canada, dont il épouse les références et les orientations. 

On pourrait parler de la colonisation idéologique du PLQ par le PLC. Elle était inévitable et déjà visible sous Philippe Couillard, qui n’était pas loin de la revendiquer.

Inévitable parce qu’inscrite dans la nature même du régime canadien qui pousse les Québécois à se dénationaliser. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Faisons un détour historique. La Révolution tranquille enclenchée en 1960 a obligé le PLQ à embrasser un discours nationaliste, parce que le Québec, globalement, s’y convertissait. C’était une condition de survie politique pour un parti aspirant au pouvoir. C’est ce qu’a fait le PLQ, de Jean Lesage jusqu’à Robert Bourassa, en voulant réformer la fédération et assurer la reconnaissance du Québec dans la Constitution en augmentant ses pouvoirs.

Mais le Canada anglais a dit non pour de bon avec le rejet de Meech en 1990. Et le PLQ a dû trancher. Acceptait-il de rester dans la fédération malgré son verrouillage constitutionnel ou basculait-il vers l’indépendance ?

Certains, comme Mario Dumont, se sont ralliés au camp souverainiste lors du référendum de 1995. Mais ils ont dû quitter le PLQ qui, lui, est demeuré le parti du Canada à tout prix. 

Dès lors, le PLQ a vu sa mission historique se clarifier. 

Il ne porte plus une vision québécoise du Canada, mais une vision canadienne du Québec. C’est le parti de la soumission inconditionnelle au Canada. 

Illusion

Sa fonction consiste à faire accepter le Canada aux Québécois quoi qu’il en coûte. Il doit les amener à se dire un jour qu’ils ne sont plus québécois d’abord, mais québécois et canadiens indistinctement. Il doit aussi décentrer l’identité québécoise de la majorité historique francophone pour la trudeauiser. Il mise sur l’évolution démographique du Québec pour revenir au pouvoir tôt ou tard.

Multiculturalisme, immigration massive, wokisme, gouvernement des juges, fédéralisme intransigeant : tel est son corps de doctrine. C’est celui du PLC transposé dans un contexte québécois, avec quelques aménagements symboliques mineurs. 

Tout le reste n’est que sparages médiatiques pour amener l’électorat à ne pas s’intéresser à sa vraie nature.