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Québec flatte encore l’industrie forestière

Les entreprises du bois profiteront dorénavant d’une prévisibilité de trois ans sur leurs récoltes futures

Bois d'oeuvre
Photo d’archives Les exploitants forestiers disposeront de plus de temps pour entamer un dialogue avec la population avant de débuter la coupe dans leur région.

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Répondant à une revendication de longue date de l’industrie du bois, le gouvernement du Québec fera dorénavant connaître jusqu’à trois ans à l’avance les territoires faisant l’objet de coupes forestières.

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C’est ce qu’a annoncé mercredi le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, en marge de Perspective 2022, un événement organisé par le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CFIQ).

« Pour avoir un environnement d’affaires compétitif, il est primordial de pouvoir planifier adéquatement le déploiement de nos ressources », a fait valoir le ministre, se disant fier de pouvoir ainsi offrir « plus de prévisibilité » aux entreprises des secteurs du bois, des pâtes et des papiers. 

À elle seule, cette industrie de plus en plus surveillée par les collectivités locales et les groupes de défense de l’environnement compterait bon an mal an pour 11 % des exportations de la province.

Mercredi, le représentant de l’industrie, Jean-François Samray, PDG du CFIQ, n’a pas tardé à se réjouir de la nouvelle. 

« Nous attendrons de voir les détails régionaux, mais d’emblée nous pouvons dire qu’il s’agit d’une annonce qui était attendue depuis longtemps », a-t-il déclaré. 

Ce dernier explique qu’en plus de permettre une meilleure planification opérationnelle des activités des forestières (embauche de main-d’œuvre, répartitions des équipements, préparation des routes forestières, etc.), l’ajout d’une troisième année d’avis contribuera à l’atteinte d’une meilleure acceptabilité des populations voisines de ces territoires.

« Pour monsieur et madame Tout-le-Monde, ces gens qui vivent à proximité des territoires de récoltes [...] ça va donner plus de temps de se parler, d’entreprendre une vraie discussion, ce qu’un délai de deux ans ne permettait pas toujours », a reconnu M. Samray.

Volumes inchangés

Le ministre Dufour insiste : l’ajout d’une troisième année n’entraînera aucun accroissement des récoltes annuelles, tant en superficie qu’en volume d’arbres abattus. 

« Elle permet plutôt d’accroître la prévisibilité [...] des utilisateurs de la forêt québécoise [les exploitants de zec et d’acéricultures, par exemple] et d’offrir une plus grande flexibilité aux opérations de récolte ». 

Caribou et réforme

Par ailleurs, le ministre s’est dit bien au fait des inquiétudes soulevées face au déclin observé du caribou forestier dans plusieurs régions exploitées par l’industrie forestière. 

« Avec la Stratégie Caribou en 2023, si des secteurs de coupe sont mis de côté, on va retravailler avec le Forestier en chef pour maintenir la prévisibilité voulue tout en prenant en compte tout facteur qui viendrait changer la donne ».

Enfin, le ministre a indiqué avoir demandé une révision du fonctionnement et de la composition des Tables de gestion intégrée des ressources et territoires (GIRT) présentes dans les régions. Cette transformation, qu’il souhaite voir aboutir en 2022, devra par exemple permettre d’intégrer un biologiste, au besoin, aux côtés des représentants de l’industrie et des Premières Nations. 


Le documentaire « Défendre nos forêts » est diffusé à compter de vendredi sur la plateforme VRAI.

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